Evaluation de la prise en charge des déchets d’activités de soins à risques infectieux par les professionnels de santé en secteur libéral.
Enquête auprès des professionnels libéraux de santé de Dordogne (France), février-mai 2009

C. Castor, E. Bodot, N. Astarie Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire, 2011, n°13-14, pp.172-176. Références
Une étude descriptive transversale a été menée auprès d’un échantillon représentatif de 626 professionnels libéraux de santé (PLS) tirés au sort, à partir d’un auto-questionnaire anonyme sur les quantités et le type de déchets d’activités de soins à risque infectieux (Dasri) produits, ainsi que sur les modalités de stockage et d’élimination utilisées.
Près de 85% des PLS répondants produisent des déchets de type "piquants/coupants/tranchants" (PCT). 65,2% déclarent en produire moins de 5 kg/mois ; les infirmières sont les plus gros producteurs (30% d’entre elles en produisent plus de 5 kg).
Les filières d’élimination ne sont pas toujours correctes : les professionnels les moins productifs (les sages-femmes et les kinésithérapeutes) utilisent pour 38,1% d’entre eux le biais des ordures ménagères.
Les Dasri ne sont pas toujours stockés dans un local dédié (seulement 26,2%), mais le plus souvent dans les cabinets de soins ou dans d’autres endroits tels que cave, garage, salle de soins, etc.
La fréquence d’élimination est trimestrielle pour 55,5% des producteurs comme le prévoit la réglementation mais près de 10% le font plus fréquemment. Les producteurs sont à 80% en possession des documents de traçabilité quant ils font appel à une société de collecte.
Lors des soins à domicile, 16,8% des Dasri restent au domicile du patient.
Seuls 37,1% des PLS informent leurs patients en auto-traitement sur la gestion des Dasri mais 35,5% ne le font jamais.
Enfin les PLS sont nombreux (42%) à juger les procédures d’élimination trop onéreuses.
Si cette étude a permis de dresser un premier état des lieux des pratiques d’élimination des Dasri par les PLS, il n’est pas question d’en tirer des conclusions. Cependant, le constat d’un nombre relativement important d’éliminations inadaptées doit "amener les autorités sanitaires à instaurer des actions d’information spécifiques, en collaboration avec les différents ordres et collaborations syndicales du département" et notamment, mettre en place des "solutions concrètes et adaptées, telles que la mutualisation de filières d’élimination au sein de secteurs géographiques et en particulier en zone rurale".
(publié le 29 juillet 2011)