"Hypersensibilité " électromagnétique

L. Bensefa-Colas Le Concours médical, 2012, n°2, pp.140-142. Bibliographie
L’intolérance environnementale idiopathique attribuée aux champs électromagnétiques (IEI CEM) se caractérise par un ensemble de manifestations non spécifiques rapportées par ceux qui en souffrent, aux radiofréquences et aux champs électriques ou magnétiques bien que ceux ci soient habituellement considérés comme inoffensifs pour la santé, car très faibles.
Ce syndrome est analogue au syndrome des sensibilités chimiques multiples qui survient après exposition à de faibles concentrations de substances chimiques.
Les symptômes sont dermatologiques : érythème facial, éruptions cutanées, sécheresse cutanée, démangeaisons, picotements, etc. Ils apparaissent (selon les intéressés) à proximité des sources pour s’améliorer lors de l’éloignement.
Les manifestations peuvent aussi être neurovégétatives (sensations de fatigue, céphalées, troubles du sommeil, troubles de la mémoire et de la concentration, troubles anxieux .....,) ou affecter la sphère ORL.
L’examen clinique est sans particularité et il n’existe aucun marqueur physiopathologique permettant de caractériser cette IEI CEM. 
Ce syndrome est estimé en France à quelques cas par million d’habitants mais est en augmentation constante, comme dans l’ensemble des pays européens.
Personne ne remet en cause le vécu douloureux des patients.
Il semble que des facteurs neuropsychiques individuels puissent expliquer en partie cette IEI CEM. Une hyperréactivité du système nerveux central et un déséquilibre du système neurovégétatif seraient à l’origine du phénomène.
Il n’existe pas de traitement validé. Il faut éviter les conduites d’évitement qui ont de graves conséquences (désinsertion professionnelle, isolement, atteinte de la qualité de vie..), mais privilégier la prise en charge des symptômes par des thérapies cognitivo-comportementales et des prises en charge globales et pluridisciplinaires. Le pronostic est d’autant meilleur que la prise en charge est précoce.
Pour évaluer un protocole de prise en charge spécialisée des patients, une étude est en cours, pilotée par le service de pathologie professionnelle du groupe hospitalier Cochin-Broca-Hôtel Dieu qui durera 38 mois.
(publié le 9 mai 2012)