Impact de la pollution de l’air ambiant sur l’issue de la grossesse : revue systématique des preuves actuelles

Impact of ambient air pollution on birth outcomes : systematic review of the current evidences M Bonzini, M Carugno, P Grillo, C Mensi, PA Bertazzi, A C Pesatori La Medicina del Lavoro, 2010, vol 101, n°5 , pages 341-363. Bibliographie.

Il existe un intérêt croissant pour l’association possible entre l’exposition maternelle aux polluants de l’air et les troubles de la reproduction, en particulier le poids de naissance et la durée de la gestation. Quatre revues systématiques des données ont été publiées en 2004-2005, mais la grande variabilité des méthodes et des résultats parmi les différentes enquêtes a produit des conclusions opposées. Cette enquête de l’université de Milan a été faite pour établir dans quelle mesure la littérature récente a fourni davantage de preuves en ce qui concerne un lien entre les polluants de l’air et les issues de la grossesse. Les auteurs ont revu 18 enquêtes épidémiolgoiques originales sur l’exposition maternelle à des particules matérielles (PM), au NO2, au CO et à l’O3 et les survenues de prématurité ou de faible poids de naissance publiées depuis 2004. Une grande variabilité, d’une enquête à l’autre, dans le protocole, les précisions sur les caractéristiques maternelles, les méthodes d’évaluation de l’exposition, et le type de polluants pris en compte, limitait la force de la preuve d’effets néfastes de la pollution de l’air sur les naissances. Toutefois, une preuve suggère que l’exposition aux particules solides, en particulier à ces fractions les plus fines (PM25), peut potentiellement affecter de manière néfaste le poids de naissance. Les auteurs ont ensuite trouvé une preuve limitée d’une association possible entre l’exposition maternelle aux polluants de l’air au cours du premier trimestre et une augmentation du risque de prématurité.

Les effets néfastes observés étaient généralement faibles. Cependant, d’importants facteurs possibles tels que le type d’activité maternelle, le régime, le tabagisme et la profession, qui ne sont habituellement pas rapportés sur le certificat de naissance, pourraient avoir conduit à des erreurs de classement d’exposition et à des confusions et pourraient masquer des accroissements modérés de risques.

En conclusion, les nouvelles études depuis 2004 n’ont pas été capables de montrer de manière définitive une corrélation définie entre la pollution de l’air et les effets néfastes sur les naissances ; bien qu’il apparaisse que les particules solides de petite taille pourraient affecter le poids de naissance. De nouvelles enquêtes bien conduites qui incluent des informations détaillées sur les facteurs de risque maternels et utilisant des modèles validés pour l’estimation de l’exposition maternelle sont nécessaires pour établir l’étendue de l’association entre la pollution de l’air et les issues de la grossesse.

(publié le 6 juin 2011)