L’expatriation sans risque

E. Mennesson Face au Risque, 2013, n°493, pp.10-12
Sur les 1,6 million d’expatriés français, des milliers vivraient dans des pays peu sûrs (risques d’événements géopolitiques, catastrophes naturelles). Il semblerait que depuis les cinq dernières années, les crises liées à ces situations soient de plus en plus fréquentes. De surcroît l’expatriation expose à des accidents de la route , des agressions, des vols, etc...
L’employeur doit mettre en œuvre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé de ses salariés.
Il doit donc dans un premier temps avoir pris conscience des risques : niveau sanitaire et situation politique du pays, risques encourus, conduite à tenir dans la vie quotidienne, fiabilité des compagnies aériennes utilisées, sélection drastique du lieu de résidence, sécurité des écoles qui seront fréquentées, du personnel domestique qui sera engagé par les salariés, etc.).
Le collaborateur sera informé de toutes ces particularités et l’entreprise continuera à analyser les risques une fois le salarié dans le pays, afin d’adapter les mesures nécessaires à sa santé et à sa sécurité.
Le collaborateur sera localisable et joignable en permanence.
Un plan de crise aura été élaboré préalablement au voyage (afin de pouvoir répondre très rapidement à toute situation d’urgence). La planification du devoir de protection doit impliquer toutes les parties prenantes : risk managers, direction sûreté/sécurité, direction générale, direction médicale, direction des ressources humaines, direction juridique, managers, CHSCT. C’est un enjeu stratégique pour les entreprises et les salariés.
Les voyageurs quant à eux se préoccupent peu de la sécurité. Selon une enquête réalisée en février et mars 2013 à partir de 411 réponses, 85% d’entre eux considèrent que leur entreprise fait ce qu’il faut pour les protéger. Ils sont quand même 70% à craindre vols et agressions physiques. Ils connaissent mal les moyens d’assistance à leur disposition (12% ne savent même pas qu’ils disposent d’un contrat d’assistance et 75% n’en connaissent pas les coordonnées téléphoniques). 89% ne savent pas quelle structure médicale pourra les prendre en charge dans de bonnes conditions. En cas de problème de santé, 92% évitent de consulter un médecin local et la majorité d’entre eux pratique l’auto-médication. 56% des voyageurs interrogés aimeraient disposer d’un échange à distance avec un médecin français (en raison de la barrière de la langue).
(publié le 29 mai 2013)