La qualité de l’air intérieur

C. Ravallec, E. Delon Travail et Sécurité, 2015, n°761, pp.13-25

La pollution de l’air intérieur en France coûterait à la collectivité, socialement et annuellement 19 milliards d’euros et concernerait 20 millions d’emplois essentiellement dans le secteur tertiaire marchand et non marchand.
Les symptômes les plus souvent retrouvés dans la population exposée sont des irritations de la peau ou des muqueuses respiratoires, une sécheresse oculaire, de l’inconfort, des maux de têtes et une fatigue rendant la concentration difficile. Ces symptômes varient avec la nature des polluants, la fréquence d’exposition et la susceptibilité individuelle des personnes exposées. Dans des cas extrêmes, des effets plus graves sont soupçonnés : intoxications ou allergies respiratoires et sur le long terme, psychose collective où l’air intérieur est accusé de tous les maux improbables (de la fausse couche au cancer) ; certains évoquent des pathologies respiratoires ou cardiovasculaires.
Les sources de polluants sont l’environnement extérieur, les matériaux de construction et les occupants eux-mêmes, via leurs activités et leurs comportements.
Agents biologiques, facteurs physiques et plus de 1 000 substances chimiques peuvent être présents dans l’air intérieur.
La problématique de l’air intérieur provient essentiellement du confinement, qui augmente la concentration des composés, et ce à partir des chocs pétroliers dans les années 1970 qui ont incité à économiser l’énergie.
Le premier rempart est la ventilation mais rares sont les installations (caissons ou centrales de ventilation) qui fournissent le débit d’air prévu. S’y ajoutent les fuites sur les réseaux, des défauts d’étanchéité provoquant l’introduction de polluants dans le réseau de distribution d’air, le défaut de maintenance et d’entretien et le manque de compétence ou d’intérêt des bureaux d’étude pour ce sujet.
Le choix des matériaux est tout aussi important et depuis septembre 2013, l’étiquetage des produits de construction et de décoration destinés à un usage intérieur et émettant des composés organiques volatils (COV) est obligatoire.
S’y ajoute la tendance à tout parfumer via les produis nettoyants et désodorisants et l’on ajoute alors des polluants aux polluants déjà présents.

Après ces généralités qui montrent l’intérêt d’un air intérieur sain, des exemples de réalisation sont proposés : une crèche conçue selon des critères drastiques afin d’assurer la meilleure qualité de l’air, des parkings souterrains bénéficiant de mesures destinées à limiter l’exposition du personnel de nettoyage et d’exploitation aux émissions des particules polluantes ; enfin, une plate-forme logistique viticole qui s’est équipée d’un important système de renouvellement et d’assainissement de l’air dans l’espace de travail.

(publié le 31 août 2015)