Le césium 137 : un perturbateur de la fonction physiologique ?

M. Soudi, S. Grison, I. Dublineau, J. Aigueperse, P. Lestaevel Environnement Risques santé , ERS, 2013, vol.12, n°2, pp.151-159. bibliographie
En raison de la persistance du césium 137 (137 Cs) dans l’environnement, les populations vivant sur les territoires contaminés par les retombées atmosphériques des accidents de Tchernobyl et de Fukushima Daichi sont chroniquement exposées à des faibles doses de 137 Cs, principalement via l’alimentation (lait, autres produits agricoles, baies sauvages, champignons).
Après absorption, 137 Cs se distribue de façon homogène dans l’organisme et les effets d’une contamination par le 137 Cs sont considérés comme analogues à ceux d’une irradiation globale.
Les données humaines montrent qu’une exposition à de faibles doses conduit à un déficit immunitaire, des malformations congénitales, un excès de cancer du rein, des lésions au niveau de la vessie, des modifications au niveau du système nerveux central, des atteintes cardiaques, des troubles digestifs de type ulcères, des troubles hématologiques, des opacités du cristallin.
Les effets chez l’animal sont des perturbations passagères du cycle veille-sommeil et de l’activité électroencéphalographique, un impact sur le métabolisme de la vitamine D, sur celui du cholestérol, sur celui des hormones stéroïdiennes au niveau des testicules et du système cardiovasculaire ; effets biologiques subtils n’ayant pas de traduction clinique.
Chez l’homme, les effets du 137 Cs restent difficiles à interpréter du fait que de nombreux autres facteurs (autres radionucléides, pollutions chimiques, aspects psychologiques) peuvent intervenir.
Dans l’avenir, il faudra tenir compte de ces différents facteurs et étudier du point de vue expérimental, l’effet combiné du césium et du strontium qui sont en effet présents simultanément dans l’environnement suite à un accident nucléaire.
Une question reste posée : les modifications physiologiques ou métaboliques de type non cancéreux constituent-elles les signes précurseurs d’une pathologie avérée cliniquement ou alors sont-elles plutôt la conséquence d’une adaptation physiologique de l’organisme ?
(publié le 23 juillet 2013)