Le radon dans les habitations en France : de l’exposition au risque

H. Baysson, N. Tirmarche Encyclopédie Médico-Chirurgicale, 2008, n°161, Elsevier Masson, Issy-les-Moulineaux, 16-504-A-10, 5 p. Bibliographie

Le radon, gaz radioactif d’origine naturelle, peut entraîner le développement d’un cancer du poumon s’il est inhalé pendant de nombreuses années et à des concentrations importantes. L’exposition au radon est omniprésente pour la population générale, mais à des concentrations variables. Le radon s’accumule dans les espaces clos, notamment dans les habitations mal ventilées. La France détient une concentration en radon relativement élevée (moyenne arithmétique de 89 Bq/m3). Les régions les plus concernées sont la Bretagne, l’Auvergne, le Limousin et la Corse (22 Bq/m3 à Paris mais 263 Bq/m3 en Corse du Sud). Le radon inhalé est en grande partie rejeté mais ses descendants solides se déposent le long des voies aériennes pulmonaires selon une répartition liée à leur granulométrie. Une quinzaine d’études de cohorte menées en milieu professionnel chez des mineurs d’uranium depuis les années 1960 « montrent de façon concordante un excès de mortalité par cancer du poumon et une augmentation du risque de décès par cancer du poumon associés à l’exposition cumulée au radon durant la vie professionnelle .... le risque diminue avec le délai depuis l’exposition ».

Différentes études épidémiologiques menées en population générale « mettent en évidence une augmentation significative du risque de cancer du poumon en fonction de l’exposition au radon dans les habitations. La relation radon/cancer du poumon semble linéaire, sans qu’un seuil minimal ait été observé et reste significative même à des concentrations inférieures aux niveaux pour lesquels il est habituellement recommandé d’agir ». Néanmoins, « le risque lié à l’inhalation du radon est faible comparativement à celui du tabac ».

En France, entre 5 et 12% des décès par cancer du poumon seraient attribuables à l’exposition domestique au radon. Le nombre de personnes exposées fait du radon un problème de santé publique. Il suffit pourtant de moyens simples pour diminuer la concentration de radon dans une habitation (aération essentiellement). Il est important de mettre en place une information du public sur la connaissance du risque et les mesures à mettre en place. La question se pose actuellement d’un éventuel lien entre exposition au radon et risque de leucémie : des projets de recherche sont en en cours au niveau européen.

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(publié le 17 février 2009)