Les résidus de médicaments présentent-ils un risque pour la santé publique ?

J-M. Haguenoer Santé Publique, 2010,n°3, pp.325-342. Bibliographie
Ce n’est que depuis une vingtaine d’années et plus récemment en France que l’on se préoccupe des conséquences environnementales et humaines de la consommation médicamenteuse.
Les résidus proviennent soit de sources diffuses (traitements ambulatoires et médicaments non utilisés dispersés par les déchets ménagers ou rejetés directement dans les égouts ou dans les toilettes), soit de sources ponctuelles (industrie chimique qui synthétise les substances médicamenteuses, industrie pharmaceutique, établissements de soins, élevages industriels d’animaux, élevages industriels piscicoles).
Les eaux résiduaires urbaines contiennent des quantités mesurables de nombreux médicaments comme des anticancéreux, des antibiotiques, des hormones, des anti-inflammatoires non stéroïdiens, des bêta-bloquants, des antidépresseurs, des anticonvulsivants, des analgésiques puissants, des produits de contraste iodés, des produits de diagnostic, des radionucléides......
L’efficacité des stations d’épuration ne semble pas suffisamment efficace. Elle est globalement de 60% mais avec des variations de 2 à 99% selon les molécules. Les boues de ces stations d’épuration sont parfois réutilisées pour l’épandage agricole avec le risque d’une possible contamination des cultures ; parallèlement les sols peuvent être contaminés suite à l’utilisation de médicaments par les animaux (soit contamination directe, soit par l’intermédiaire des lisiers et purins).
La contamination atteint aussi les eaux superficielles, les eaux souterraines et parfois les eaux destinées à l’alimentation humaine.
L’Académie nationale de Pharmacie a alors formulé des recommandations selon trois saxes : limiter et contrôler les rejets, évaluer les risques liés aux rejets, développer des actions de formation et d’éducation.
(publié le 28 septembre 2010)