Lumière et santé

E. Phan Chan The Préventique, 2014, n°136, pp.47-50
La lumière peut être à l’origine de pathologies réversibles ou irréversibles. Elle peut être aussi une thérapie.
Le manque de lumière hivernale peut conduire au trouble affectif saisonnier (TAS) dont la prévalence est estimée entre 2 et 9% de la population générale, avec un sexe ratio de 3 à 4 femmes pour un homme. Fatigue physique intense, ralentissement des fonctions cognitives, baisse de l’attention, hésitation dans les prises de décision, troubles du sommeil caractérisent le TAS. Et les sujets qui en sont victimes consomment plus de glucides et d’alcool.
Depuis les cinq dernières décennies, on assiste à un décalage de phase du sommeil. Le temps de sommeil s’est raccourci du fait des contraintes sociétales qui impliquent un lever plus tôt que ne le souhaiterait le rythme circadien ; alors que l’heure du coucher est de plus en plus tardive ; ce qui induit une dette de sommeil qui peut être récupérée le week-end mais qui a un impact sur la santé, en cas de chronicité. Cette dette de sommeil est encore aggravée pour ceux qui se déclarent "du soir", soit 39% des sujets de 18 à 65 ans et 61% des 15 à 23 ans et qui de fait, subissent une pollution lumineuse extérieure (éclairage urbain) ou intérieure (éclairage dans les habitations, télévision, ordinateur..), retardant l’endormissement.
Le travailleur posté quant à lui, est victime d’une diminution du temps de sommeil, d’une insomnie et d’une somnolence diurne. L’alternance veille-obscurité, avec ses variations rapides et continuelles induit une désynchronisation de l’ensemble du système circadien, créant un déficit en mélatonine et touchant le système immunitaire et le métabolisme cellulaire. Ce déficit en mélatonine expliquerait l’augmentation de l’incidence de certains cancers chez les travailleurs postés.
L’exposition aux UV d’origine solaire lors des activités professionnelles est associée à une augmentation du risque pour les carcinomes épidermoïdes et les carcinomes baso-cellulaires.
Mais la lumière peut aussi être utilisée comme traitement (luminothérapie matinale) dans les cas de TAS. Son observance est souvent mauvaise et mériterait d’être améliorée.
(publié le 24 novembre 2014)