Malsains, nos bâtiments ?

L. Courbon Travail et Sécurié, 2013, n°742, pp.28-29

"Selon l’Insee, en 2011, 75,8% des salariés travaillaient dans le secteur tertiaire, dont plus de la moitié exerçaient une activité de bureau. Cela représente plus de 10 millions de salariés".
Des études ont montré une influence des paramètres de la qualité de l’air sur la rapidité et la qualité des tâches effectuées, et sur une augmentation du nombre d’arrêts de travail de courte durée.
Qu’en est-il de l’air dans les bureaux ? Pour pallier l’insuffisance de connaissances sur ce thème, des études ont été lancées en juin 2013 pour une durée de 3 ans concernant 300 immeubles de bureaux sur l’ensemble du territoire ; les mesures seront réalisées par l’OQAI (Observatoire de la qualité de l’air intérieur). Par ailleurs, l’INRS propose une étude pour mieux connaître l’impact des systèmes de ventilation sur la qualité de l’air.
Quelles sources de pollution dans les bureaux ?

  • celles émises par les matériaux, surtout dans les locaux neufs (peinture, sols, revêtements, meubles ...)
  • des composés volatils dus aux produits d’entretien, et notamment des terpènes (substances parfumantes qui réagissent avec d’autres polluants présents dans l’air intérieur pour former des composés irritants),
  • de l’ozone ou des retardateurs de flamme bromés émis par les ordinateurs,
  • de l’encens brûlé dans les bureaux,
  • le manque d’aération,
  • les systèmes mécaniques de ventilation et de climatisation mal entretenus.

Le Code du travail qui impose l’introduction de 6,9l/s/personne d’air neuf dans les bureaux disposant d’une ventilation mécanique (8,4l/s/personne occupant d’une salle de réunion) semble insuffisant face à un consensus scientifique qui évalue à 10l/s/personne la quantité d’air neuf nécessaire pour diminuer la prévalence du syndrome du bâtiment malsain (qui se caractérise par un ensemble de manifestations physiques aspécifiques survenant parmi le personnel travaillant dans les bureaux).

(publié le 31 octobre 2013)