Mortalité liée à la température et à la persistance de température extrêmes : une enquête de mortalité par cause spécifique et stratifiée par l’âge

Mortality related to temperature and persistent extreme temperatures : a study of cause-specific and age-stratified mortality J. Rocklöv, K. Ebi, B. Forsberg Occupational and Environmental Medicine, 2011, vol 68, n°7, pages 531-536. Bibliographie.

Des températures ambiantes élevées et basses sont associées avec des nombres importants de décès chaque année. De nombreuses études montrent des mortalités plus élevées au cours des vagues de chaleur. Toutefois, de tels effets sont rarement incorporés explicitement dans des modèles de température et de mortalité, bien que la déshydratation suivie d’un stress cardiovasculaire soit probablement en cause. Les auteurs suédois et américains avaient pour but d’établir des modèles de séries dans le temps dans lesquels les effets des températures extrêmes persistantes et de la température en général puissent être démêlés. Les auteurs ont établi des modèles de régression de Poisson de séries dans le temps basés sur la mortalité par cause spécifique et stratifiés par l’âge dans le Comté de Stockholm (Suède), entre 1990 et 2002, en les ajustant pour les tendances dans le temps et les facteurs de confusion potentiels, afin d’étudier les effets de la température et de la persistance de températures extrêmes.

Les températures extrêmement élevées persistantes étaient associées avec des décès supplémentaires, et le risque de décès augmentait significativement par jour d’exposition supplémentaire à la chaleur. L’exposition extrême à la chaleur était associée avec des taux plus élevés de décès chez les adultes et pour les causes cardiovasculaires de décès, par rapport à une simple augmentation de la température.

Les températures plus chaudes augmentent la mortalité quotidienne par causes naturelles, alors que les baisses de température plus froides augmentent le risque de morts par accident cardiovasculaire. De plus, l’impact des températures chaude et froide diminue au cours de la saison, tandis que l’impact des températures extrêmement élevées persistantes reste similaire tout au long de l’été.

En conclusion, les auteurs ont trouvé que l’impact sur la mortalité de la persistance des températures extrêmement élevées augmente proportionnellement avec la durée de la canicule en plus des effets de la température basés sur la relation température-mortalité. Il en découle que l’effet supplémentaire de la persistance de la chaleur extrême est important à incorporer dans les modèles de mortalité liée aux températures ambiantes pour éviter de biaiser négativement les risques attribués, en particulier pour la mortalité cardiovasculaire. De plus, les effets associés avec les températures non extrêmes peuvent décliner du fait que le groupe des individus fragiles diminue grâce à des phénomènes d’adaptation/acclimatation. Cependant, ils n’ont pas observé un tel déclin pour les effets associés avec les épisodes de chaleur extrême.

(publié le 2 février 2012)