Perturbateurs endocriniens

C. Ravallec Travail et Sécurité, 2013, n°744, pp. 24-25.
Depuis l’apparition de l’expression "perturbateurs endocriniens" en 1991, le sujet fait l’objet de débats passionnés au sein de la société et de la communauté scientifique. Mais force est de constater que bien qu’il n’y ait pas consensus à propos de la définition, la recherche est active sur ce sujet.
En réalité, les perturbateurs endocriniens (PE) ne sont pas une famille chimique mais traduisent des modes d’action.
Des effets toxiques ont été mis en évidence pour certains produits possédant des propriétés oestrogéniques provoquant, qui pour le distilbène des cancers de l’appareil génital et une atteinte de la fertilité pour les enfants exposés in utero, qui pour le chlordécone (utilisé comme insecticide), des troubles avérés de la fertilité masculine chez les travailleurs exposés ; mais dans ces deux cas, les doses employées étaient très fortes.
Des questions se posent sur l’effet des faibles doses, la bioaccumulation, les fenêtres de susceptibilité, les effets transgénérationnels (qui ne sont pas pour autant spécifiques aux PE).
L’Union européenne planche actuellement sur une définition officielle des perturbateurs endocriniens qui permettra peut-être de cadrer le sujet.
(publié le 23 janvier 2014)