Pollution atmosphérique et leucémie de l’enfant : une enquête nationale cas-témoin en Italie
Air pollution and childhood leukaemia : a nationwide case-control study in Italy

C. Badaloni, A. Ranucci, G. Cesaroni, G. Zanini, D. Vienneau, F. Al-Aidrous, K. De Hoogh, C. Magnani, F. Forastiere, au nom du groupe de l’enquête SETIL Occupational and Environmental Medicine, 2013, vol 70, n°12, pages 876-883. Bibliographie.

La leucémie est le cancer le plus fréquent chez l’enfant, mais son étiologie reste mal comprise. Les auteurs italiens, britanniques et suisses ont testé l’hypothèse que la pollution atmosphérique liée au trafic routier serait associée avec les leucémies pédiatriques du fait de l’exposition chronique à plusieurs cancérogènes potentiels. L’enquête italienne SETIL (enquête sur l’étiologie des cancers lymphohématopoïétiques de l’enfant) a été conduite dans 14 régions d’Italie. Tous les cas incidents de leucémie chez des enfants de 10 ans et moins de ces régions (entre 1998 et 2001) ont été inclus. Deux témoins par cas, appariés par la date de naissance, le sexe et la région de résidence ont été sélectionnés par tirage au sort à partir des registres locaux de population. L’évaluation de l’exposition dans la résidence de naissance a comporté des indicateurs de trafic routier (distance des routes principales et longueur des routes principales dans un rayon de 100 mètres) et des estimations des concentrations de polluants (matières particulaires PM2,5 et PM10, gaz, NO2 et O3) à partir du modèle de dispersion nationale et de modèles de régression par région. L’association entre les variables d’exposition et les leucémies a été évaluée au moyen d’analyses par régression logistique.

Les taux de participation ont été de 91,4 % chez les cas et de 69,2 % chez les témoins ; 620 cas (544 leucémies lymphocytaires aiguës et 76 leucémies aiguës non lymphocytaires) et 957 témoins ont été inclus. Globalement, lorsqu’on considère la résidence à la naissance, 35,6 % des cas et 42,4 % des témoins vivaient le long de routes très fréquentées, et les moyennes annuelles des niveaux de PM10 étaient respectivement de 33,3 [déviation standard (DS) = 6,3] et 33,4 µg/m3 (DS = 6,5). Aucune association n’a été trouvée, et tous les odds ratios (ORs), quelle que soit la méthode d’évaluation et les fenêtres d’exposition, étaient proches de la valeur nulle (1).

En conclusion, en utilisant des stratégies variées d’évaluation de l’exposition, la pollution atmosphérique ne semble pas affecter l’incidence de la leucémie de l’enfant.

(publié le 14 avril 2014)