Pollution atmosphérique, facteur de risque des BPCO ?

Y-M. Allain, N. Roche, G. Huchon Archives des maladies Professionnelles et de l’Environnement, 2010, vol.71, n°6, pp.909-924. Bibliographie.
La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) se caractérise par une diminution progressive et irréversible de la fonction respiratoire.
Si elle est causée à plus de 90% par le tabagisme, d’autres facteurs de risque ont été identifiés, dont la pollution atmosphérique. Les polluants atmosphériques sont un regroupement d’agents chimiques. En été, il s’agit essentiellement d’ozone et de particules en suspension et l’hiver, de dioxyde de soufre et de particules en suspension. Ce phénomène n’est pas exclusivement réservé à la ville puisqu’il existe aussi dans les zones rurales.
Le lien de causalité entre pollution et mortalité cardiorespiratoire a été suggéré dans les années 1950 en Angleterre en ce qui concerne les effets de la pollution à court terme et a été confirmé par différentes études dans le monde, sans pour autant qu’il soit possible d’établir un lien de causalité entre développement de BPCO et polluants atmosphériques. Mais ces études sont à l’origine du questionnement relatif aux effets respiratoires de la pollution sur le long terme. D’autres travaux effectués plus récemment apportent les informations suivantes : il existe une concordance épidémiologique dans la population adulte urbaine, entre pollution à long terme et symptomatologie respiratoire et entre pollution à long terme et diminution du VEMS et de la CVF. Il semble bien qu’à l’heure actuelle, de nombreux travaux soient concordants et stigmatisent certains polluants extérieurs comme responsables d’altération de la fonction respiratoire, notamment via le stress oxydatif.
Enfin de nouvelles hypothèses ont émergé au début des années 2000 concernant les facteurs génétiques influençant le développement de la BPCO lors d’exposition à la pollution.
Les effets de la pollution sont probablement d’origine multifactorielle, comme dans toute exposition environnementale. Un consensus s’établit progressivement sur les nuisances de la pollution atmosphérique, particulièrement dans le développement des troubles ventilatoires obstructifs. Cependant de nombreuses questions restent sans réponse et le suivi des différentes cohortes ainsi que la multiplication des travaux fondamentaux sont encore indispensables afin d’estimer avec précision les effets de la pollution sur le système respiratoire.
(publié le 14 mars 2011)