Pollution de l’air et gravité de l’asthme chez des adultes

Air Pollution and asthma severity in adults E. Rage, V. Siroux, N. Künzli, I. Pin, F. Kauffmann, au nom de l’enquête épidémiologique sur les facteurs génétiques et l’environnement dans l’asthme. Occupational and Environmental Medicine, 2009, vol.66, n°3, pages 182-188. Bibliographie.

Il existe des preuves que l’exposition à la pollution atmosphérique affecte l’asthme, mais l’effet de la pollution de l’air sur la gravité de l’asthme n’a pas été étudié. Le but des auteurs français et espagnols était d’évaluer la relation entre la gravité de l’asthme au cours des 12 derniers mois et les concentrations de polluants dans l’air extérieur des habitations. La gravité de l’asthme au cours des 12 derniers mois a été évaluée de deux manières complémentaires chez 328 adultes asthmatiques de l’Enquête Epidémiologique Française sur les facteurs Génétiques et l’Environnement dans l’Asthme (EG EA) examinés entre 1991 et 1995. Les scores des quatre classes de gravité intégraient les évènements cliniques et le type de traitement. Les scores cinq niveaux d’asthme étaient basés seulement sur la survenue de symptômes. Les concentrations de dioxyde d’azote (NO2), de dioxyde de soufre (SO2) et d’ozone (O3) étaient attachées à chaque résidence au moyen de deux méthodes différentes. La première était basée sur les données de l’enregistreur le plus proche entre 1991 et 1995. La seconde méthode consistait en des modèles spatiaux qui utilisaient des interpolations géostatistiques et ensuite affectait les polluants atmosphériques aux habitations géo-codées (en 1998). Des scores plus élevés de gravité de l’asthme étaient significativement liés au taux moyen d’ozone sur 8 heures dans la période allant d’avril à septembre (O3 8h) et au nombre de jours (O3-jours) avec des moyennes d’ozone sur 8 heures supérieures à 110µg/m3 [pour une augmentation sur 36 jours, équivalent au rang de l’interquartile, en O3-jours, odds ratio 2,22 (intervalle de confiance à 95% 1,61 à 3,07) pour une classe de différence dans le score]. Les ajustements pour l’âge, le sexe, le tabagisme, l’exposition professionnelle et le niveau d’études ne modifiaient pas les résultats. La gravité de l’asthme n’était pas liée au NO2. A la fois les deux méthodes d’évaluation de l’exposition et les scores de gravité aboutissaient à des résultats très semblables. Le SO2 était corrélé avec la gravité de l’asthme mais n’atteignait la significativité statistique que pour l’exposition évaluée par le modèle géo-statistique.

En conclusion, les associations observées entre la gravité de l’asthme et les polluants atmosphériques, en particulier l’ozone, soutiennent l’hypothèse que la pollution de l’air à des niveaux très en-dessous des standards actuels augmente la gravité de l’asthme.

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(publié le 28 juillet 2009)