Pollution de l’air par le trafic routier et risque de cancer de la prostate : une enquête cas-témoin à Montréal, Canada
Traffic-related air pollution and prostate cancer risk : a case-control study in Montreal, Canada.

M.E. Parent, M. Goldberg, D. Crouse, N. Ross, H. Chen, M.F. Valois, A. Liautaud Occupational and Environmental Medicine, 2013, vol 70, n°7, pages 511-518. Bibliographie.

Il existe peu d’informations sur les facteurs de risque environnementaux du cancer de la prostate. Les auteurs canadiens ont mené une enquête cas-témoin à Montréal pour estimer les associations avec l’exposition au dioxyde d’azote (NO2) au niveau du sol, un marqueur de la pollution de l’air par le trafic routier. Les cas étaient 803 hommes ayant un cancer de la prostate incident, âgés de moins de 76 ans, et pour qui le diagnostic avait été porté dans l’ensemble des hôpitaux français de Montréal. Parallèlement, 969 témoins ont été extraits des listes électorales des sujets francophones résidant dans les mêmes districts électoraux que les cas et appariés selon l’âge. Les concentrations de NO2 ont été mesurées dans Montréal en 2005-2006. Les auteurs ont développé un modèle de régression géographique pour prédire les concentrations de NO2 dans Montréal en 2006. Ces estimations ont été rétro-extrapolées à l’année 1996. Les estimations ont été liées aux adresses de résidence à la date du diagnostic ou de l’entretien. Une régression logistique non conditionnelle a été utilisée, avec un ajustement pour les variables de confusion potentielles.

Pour chaque augmentation de 5 parts par billion de NO2, telle qu’estimée à partir du modèle de régression géographique en 2006, les OR5ppb ajustés selon les facteurs personnels étaient de 1,44 (IC 95 % de 1,21 à 1,73). En ajoutant les facteurs contextuels, ramenés à 1,27 (IC 95 % de 1,03 à 1,58). Une méthode pour la rétro-extrapolation des concentrations de NO2 à 1996 (environ 10 ans avant la date indexée) donnait les OR5ppb suivants : 1,41 (IC 95 % 1,24 à 1,62) lorsque les facteurs personnels étaient inclus, et 1,30 (IC 95 % 1,11 à 1,52) quand les facteurs contextuels étaient ajoutés.

En conclusion, l’exposition à des concentrations atmosphériques de NO2 à l’adresse de résidence actuelle était associée avec une augmentation du risque de cancer de la prostate. Ce résultat original nécessite d’être confirmé par d’autres enquêtes.

(publié le 30 septembre 2013)