Qualité de l’air

Y. Le Moullec Encyclopédie Médico-Chirurgicale, EMC, Elsevier Masson SAS, Pathologie professionnelle et de l’environnement, 2012, vol.7, n°2, 16-001-J-05, 10 pages. Bibliographie

L’article porte sur la qualité de l’air respiré par la population générale dans ses activités quotidiennes.
Les sources extérieures de pollution atmosphérique sont les foyers fixes de combustion pour l’industrie et le chauffage, les procédés industriels, le trafic routier et les émissions des aéronefs à proximité des zones aéroportuaires.
En France, les deux principaux outils de surveillance sont les capteurs-analyseurs des stations de mesures et des camions-laboratoires et les modèles numériques qui calculent les champs de pollution à partir des inventaires d’émission et des données météorologiques et topographiques. Les principaux polluants font l’objet de valeurs limites qui s’imposent à tous les pays de l’Union Européenne.
Depuis une vingtaine d’années, la décroissance des teneurs ambiantes de dioxyde de soufre et de monoxyde de carbone se poursuit dans toutes les villes de France. En ce qui concerne le benzène, quelques sites présentent encore des dépassements de la valeur limite réglementaire de 5 µg/m3. Le plomb a quasiment disparu de l’air ambiant. Les autres métaux réglementés et les HAP respectent les valeurs-cibles sauf à proximité de quelques sites industriels.
"Les polluants les plus préoccupants en raison de leurs effets sur la santé et de l’évolution de leurs teneurs ambiantes sont l’ozone, les particules et les oxydes d’azote. L’ozone est en légère croissance depuis 10 ans et ce composé n’est qu’un indicateur d’une pollution photochimique complexe qui génère aussi de multiples composés oxydants. Pour les particules, les mesures gravimétriques devraient être complétées par des analyses chimiques et surtout par une surveillance de la fraction ultrafine de l’aérosol qui pénètre au plus profond de l’appareil respiratoire. La diminution des niveaux d’oxydes d’azote est un enjeu important pour agir à la fois sur la pollution photochimique et sur la formation de particules atmosphériques secondaires".

Les pollutions de l’air intérieur sont en lien avec le métabolisme humain et animal (production de CO2, de vapeur d’eau, de particules virales ou bactériennes, allergènes), les produits d’entretien et de bricolage, le tabagisme.
Les appareils de combustion domestique produisent CO, NO et NO2, des aldéhydes, des HAP, etc.
Les matériaux de construction et de décoration émettent des COV dont le formaldéhyde qui peuvent rester dans l’atmosphère plusieurs mois.

Le sous-sol peut être source de contamination par le radon (dans certaines zones géographiques à sols granitiques) ou par des composés volatils lorsqu’il s ’agit de bâtiments construits sur des sols pollués.

Dans les piscines couvertes qui utilisent le chlore pour la désinfection de l’eau, on trouve des chloramines (irritants oculaires et respiratoires) et des halométhanes dont le chloroforme, classé cancérogène possible.

Dans les années à venir, sera peut être rendu obligatoire un étiquetage sur des produits de construction et de décoration, tandis que se développeront les conseillers en environnement intérieur et que l’air intérieur fera l’objet d’une surveillance obligatoire pour certains lieux ouverts au public et notamment les crèches et les écoles.

La qualité de l’air dans les transports est une nuisance variant avec la densité du trafic et la proximité des échappements des véhicules. Les concentrations en particules sont nettement plus élevées dans les transports ferroviaires souterrains que dans les autres modes de transport.

(publié le 23 août 2012)