Radiofréquences et Santé

J. Fite, J-F. Doré, M. Hours, O. Merckel Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2015, vol. 76, N°3, pp. 284-290. Bibliographie
Depuis une vingtaine d’années, l’usage des nouvelles technologies sans fil s’est largement répandu dans la société. Certains consommateurs en font un usage intensif et ce, de plus en plus tôt. En pratique, dans l’environnement quotidien, le téléphone mobile est de loin la source d’exposition aux radiofréquences la plus intense.
Si certaines études suggèrent des effets biologiques, il s’agit vraisemblablement d’effets sans conséquences pathologiques à court terme ou s’inscrivant dans les limites des fluctuations physiologiques et selon l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail), des recherches complémentaires sont nécessaires pour investiguer s’il existe des situations d’exposition pouvant générer des lésions définitives.
En ce qui concerne les effets sanitaires, de nombreuses études analysées par l’ANSES ne montrent pas d’effet, notamment sur le système cardiovasculaire, le système immunitaire ou les fonctions auditives.
Les éléments de preuve concernant la fertilité mâle sont limités.
En ce qui concerne les effets à long terme, le CIRC a classé les radiofréquences en mai 2011 comme possiblement cancérogènes, mais selon l’avis de l’ANSES, le risque de gliome n’est pas significativement modifié par l’utilisation des téléphones mobiles en population générale pour des durées d’observation de moins de 15 ans.
Cependant, les données disponibles actuellement ne permettent pas d’exclure parmi les utilisateurs "intensifs", une augmentation d’incidence faible (inférieure à 20%) des gliomes ou un risque qui se manifesterait pas des durées d’incubation supérieures à 15 ans.
Face à toutes ces incertitudes, certaines personnes se dotent de dispositifs dits "anti-ondes" (patchs, étuis de téléphone, pendentifs, pierres minérales, etc.). 13 dispositifs ont été testés et n’ont démontré aucune efficacité de protection (diminution du niveau de DAS : débit d’absorption spécifique) pour l’ensemble des téléphones mobiles et des bandes de fréquence testés. Les étuis de protection intégrant des écrans métalliques montrent eux une efficacité significative sur la réduction du DAS mais à un niveau tel que le téléphone mobile sera impossible à utiliser.
Dans l’état actuel des connaissances, l’ANSES recommande aux utilisateurs intensifs de téléphone mobile, de recourir à l’usage du téléphone main-libre et d’utiliser des terminaux mobiles affichant un faible niveau de DAS.
Elle préconise actuellement le recours aux accès filaires multiples sur les "modem" Wi-Fi et un usage modéré du téléphone mobile chez les jeunes enfants et adolescents.
(publié le 4 septembre 2015)