Rayonnements ionisants : que savent les médecins ?

La Revue du Praticien Médecine Générale, 2014, vol.28, n°932, pp. 874-875. Références

Une enquête a été menée auprès des médecins généralistes français en partenariat avec le Conseil Scientifique Santé et Énergies EDF afin de connaître leur niveau de connaissances vis-à-vis des rayonnements ionisants.

Les sources naturelles génèrent une dose moyenne de l’ordre de 2,5 mSv par personne par an, qui correspond à environ 60% de l’exposition totale, due pour 60% au radon, 11% aux rayonnements cosmiques, 20% aux rayonnements telluriques et 10% à l’eau et aux aliments.
Les applications médicales sont multiples et la radiographie est responsable de 18% de la dose alors que la tomodensitométrie qui ne représente que 10% des actes y contribue pour 71%.
Les expositions à des sources artificielles de nature industrielle représentent moins de 1% de la dose totale.
Les médecins ont une notion correcte de l’origine des expositions mais 51,4% pensent à tort que l’irradiation naturelle est moins importante que l’exposition artificielle liée aux usages médicaux.

L’irradiation est la conséquence directe d’une exposition externe à des particules ionisantes tandis que la contamination se produit lorsque des particules radioactives se déposent sur la peau d’une personne ou sont inhalées dans les poumons ou ingérées dans le système digestif.
83% des médecins font bien la différence.

Chez l’adulte, le risque de survenue des cancers après exposition aux rayonnements ionisants est faible et il n’est pas démontré pour des doses inférieures à 100 mSv. L’enfant est plus radiosensible et la répétition des scanners doit être limitée et la dose d’irradiation minimale doit être délivrée.
En ce qui concerne les risques liés à une exposition accidentelle, la probabilité de développer un cancer dépend de la dose et de l’âge d’exposition et elle est accrue avant 20 ans et en particulier 10 ans, surtout chez les filles.
51% des médecins sont bien conscients de ces risques.

En ce qui concerne les patients inquiets (55,6% de leur patientèle), les médecins doivent rappeler les bénéfices de l’examen, souligner les mesures de radioprotection adoptées et privilégier les techniques n’exposant pas aux rayonnements ionisants. Il est utile de rappeler aux patients qu’une radiographie de thorax équivaut à 0,02 mSv (soit environ 3 jours d’irradiation naturelle), alors qu’un scanner thoracique délivre près de 8 mSv (soit 3,6 années d’irradiation naturelle.)

Le médecin doit toujours s’interroger sur la justification de la prescription d’un examen exposant aux rayonnements ionisants et le radiologue se préoccuper constamment de limiter l’exposition aux rayonnements ionisants.

Au total il apparaît que les médecins ont besoin de formation sur cette thématique ; en effet, seuls 14% estiment avoir été formés de manière satisfaisante pendant leurs études.
Il est possible de s’informer sur le site www.egora.fr/rayonnements-sante.

(publié le 9 mars 2015)