Risques d’affections allergiques associés aux produits de chloration en piscine

C. Voisin, A. Bernard Environnement, Risques et Santé, 2008, vol. 7, n° 6, p 417-423

Le chlore est fréquemment utilisé pour désinfecter les piscines publiques et privées. Mélangé à l’eau, il donne de l’acide hypochloreux qui réagit avec les matières azotées apportées par les nageurs (sueur, urine, squames), pour libérer des chloramines qui sont dispersées dans l’atmosphère des bassins ou sous forme d’aérosols et de vapeurs. Les concentrations en chloramines sont fonction des concentrations en chlore actif et matières azotées, du pH et des taux de renouvellement de l’eau et de l’air. Les taux varient entre 300 et 500 µg/m3 avec des concentrations qui peuvent dépasser largement 1 000 µg/m3 dans les piscines récréatives ou insuffisamment ventilées. Des études menées chez les nageurs de compétition ont mis en évidence des risques accrus d’asthme, d’hypersensibilité bronchique et d’inflammation des voies respiratoires.

D’autres études plus récentes menées chez les enfants ont montré que la trichloramine et probablement aussi l’acide hypochloreux et les chloramines inhalées sous forme d’aérosols pouvaient endommager l’épithélium respiratoire et faciliter le développement d’asthme chez les enfants ayant un terrain atopique.

On en vient à penser que « les épidémies d’affections allergiques qui touchent le monde occidental seraient en lien avec l’exposition croissante et largement incontrôlée des enfants au chlore, le biocide le plus utilisé pour assurer l’hygiène ». La prévention repose sur des normes plus strictes en ce qui concerne la qualité de l’air et de l’eau des piscines, mais aussi sur des méthodes de désinfection alternatives qui présentent aussi l’avantage d’être moins coûteuses en énergie.

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(publié le 6 avril 2009)