Séjour occasionnel en haute montagne : prévenir le mal aigu

H. Marotte Le Concours Médical, 2014, vol.136, n°10, pp. 814-815

Les troubles de l’adaptation du "visiteur de haute altitude" sont connus sous le nom de "mal aigu des montagnes" (MAM).
Sous sa forme simple, il se manifeste par des céphalées, un état nauséeux, une anorexie, parfois des vomissements, symptômes qui s’estompent en quatre à six jours.
Des troubles ventilatoires peuvent survenir pendant le sommeil induisant des pauses respiratoires qui réveillent le sujet avec une sensation pénible d’essoufflement, calmée par la reprise de la ventilation. Ces signes ne s’estompent pas au fil des jours.

Deux accidents graves peuvent survenir :

  • un oedème pulmonaire de haute altitude, imputé à l’hypoxie cellulaire et à l’hypertension pulmonaire d’origine hypoxique, avec des signes d’inflammation ; son traitement : oxygénothérapie ou recompression.
  • un œdème cérébral se manifestant par troubles moteurs, troubles sensoriels, perceptifs, cognitifs, épisodes délirants... Le seul traitement est la recompression.

La prévention passe par

  • une épreuve de tolérance à l’hypoxie d’altitude qui jugera de l’opportunité d’un tel voyage,
  • la montée progressive en altitude (à partir de 3 000 m, la montée se fera par paliers ne dépassant pas 300 m par jour,
  • une activité physique très réduite les premiers jours si l’arrivée se fait d’emblée à haute altitude par avion (l’aéroport-de La Paz est à 4 100 m d’altitude) ;
  • les médicaments : l’acétazolamide reste le produit de référence, mais le résultat est parfois décevant. Sont également proposés : spironolactone, dexaméthasone associée ou non à de l’aspirine, inhibiteurs calciques.
(publié le 9 mars 2015)