Synthèse des recommandations sur la prescription d’examens irradiants et la prise en charge des patients expposés aux rayonnements ionisants d’origine professionnelle

G. Ibanez, J. Lafortune, L. Martinez Pratiques et Organisation des Soins, 2010, vol.41, n°3, pp231-236. Bibliographie
En France, les sources d’exposition se répartissent en 58% pour les irradiations d’origine naturelle, et 42% pour les irradiations d’origine artificielle. Celles liées aux pratiques médicales représentent 99% des expositions artificielles. De ce fait, l’Organisation Mondiale de la Santé a considéré en 2008, la question liée aux rayonnements ionisants en médecine comme un problème de santé publique.
Cet article est une synthèse des recommandations de bonne prescription des examens irradiants et de prise en charge des patients exposés aux rayonnements ionisants d’origine professionnelle.
Une synthèse méthodique de la littérature a montré que 60% des examens radiologiques réalisés en soins primaires n’entraîneraient aucune modification des décisions thérapeutiques et 25% étaient inutiles pour le patient. Il paraît dès lors nécessaired’ accroître la coopération entre le médecin prescripteur de l’imagerie et le radiologue afin que ce dernier puisse choisir la technique la plus indiquée dans le contexte clinique du patient.
En ce qui concerne le repérage des maladies professionnelles, des améliorations sont nécessaires. Si, pendant l’activité professionnelle, les doses reçues par les travailleurs exposés sont collectées et l’INRS chargé de centraliser les données et d’établir un bilan annuel de ces expositions, la situation est différente à la retraite. Il faut tenir compte du fait que les maladies peuvent survenir plusieurs années après la cessation d ’activité, en raison du temps de latence très long. Il en ressort que 80% des cancers broncho-pulmonaires et des leucémies d’origine professionnelle ne seraient pas reconnus comme tels.
Une coopération entre le médecin traitant et le médecin du travail est primordiale pour reconnaître les métiers potentiels à risque et les maladies professionnelles potentiellement induites.
(publié le 19 janvier 2011)