Tritium : bilan des connaissances actuelles

C. Halléguen-Cadot, L. Tenailleau, P. Laroche, J-C. Amabile Encyclopédie Médico-Chirurgicale, EMC, Pathologie professionnelle et de l’environnement, Elsevier Masson SAS, Issy-les-Moulineaux, 2015, vol.10, n°3, 16-515-A-20, 6 p. Bibliographie.
Le tritium est l’isotope radioactif de l’hydrogène avec un proton et deux neutrons.
Il se présente sous trois formes chimiques : le tritium gazeux ou hydrogène tritié (HT), l’eau tritiée (HTO) qui est la forme la plus abondante dans le milieu naturel et les espèces vivantes, et le tritium organiquement lié (TOL).
Il a deux origines : il est produit naturellement et en permanence sous l’action du rayonnement cosmique ou par action de l’homme sur l’environnement (essais nucléaires aériens, réacteurs, rejets industriels, etc..).
L’exposition ne peut se faire que par incorporation dans l’organisme.
"La Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) n’objective pas de façon probante d’effets nocifs pour la santé sur les populations vivant à proximité des centrales nucléaires et les travailleurs aux concentrations de tritium relevées actuellement. Le tritium est d’ailleurs classé dans le groupe 4 correspondant à une radiotoxicité faible". Sa dangerosité principale est la contamination interne (alimentation) mais d’un effet limité car sa période biologique est courte.
Le tritium est éliminé en général sous la forme HTO par les urines, les fèces, la vapeur d’eau exhalée et la transpiration mais aussi dans le lait. Pour le TOL, l’élimination est plus longue et chez l’homme les demi-vies du TOL dans le cartilage des côtes et du sternum ont été estimées, respectivement à 57 ans et à moins de 60 ans.
En France, le tritium qui fait l’objet d’une surveillance réglementaire est le tritium libre sous forme HTO dans l’eau extraite des végétaux. La technique la plus aisée à mettre en œuvre est la scintillation liquide, relativement rapide et de surcroît normalisée, mais qui nécessite des contraintes en termes de qualité des prélèvements et de conditionnement.
Les algues, habituellement surveillées sont de mauvais indicateurs pour suivre une contamination de la flore en milieu marin. Les poissons fouisseurs et les coquilles Saint-Jacques sont de meilleurs capteurs.
De nombreuses études sont en cours concernant la toxicité du tritium aux faibles doses et/ou lors d’expositions chroniques ou lors d’un rejet massif dans l’atmosphère.
(publié le 24 septembre 2015)