Une intervention en milieu rural ciblant les sources de combustion de la biomasse : effets sur la qualité de l’air et la survenue de symptômes respiratoires signalés chez des enfants

A rural community intervention targeting biomass combustion sources : effects on air quality and reporting of children’s respiratory outcomes C. Noonan, T. Ward, W. Navidi, L. Sheppard Occupational and Environmental Medicine, 2012, vol 69, n°5, pages 354-360. Bibliographie.

Des améliorations de la qualité de l’air des villes sont largement menées par des contrôles sur les émissions des sources industrielles et mobiles (véhicules), mais de tels facteurs peuvent avoir une influence limitée sur de nombreux environnements ruraux où la combustion de la biomasse (c’est-à-dire les poêles à bois) sert comme la principale source de particules fines (PM2,5). Les auteurs américains ont pisté les modifications de la santé respiratoire des enfants au cours d’une intervention sur les poêles dans une communauté rurale d’une vallée de montagnes lourdement touchée par les PM2,5 issues de la combustion du bois.

Les impacts sur la santé publique des enfants de la communauté de Libby dans le Montana (USA) ont été évalués par des enquêtes prospectives auprès des parents des enfants scolarisés au cours de quatre hivers successifs entre 2005 et 2009. Des équations d’estimation généralisée avec un lien logistique ont été utilisées pour estimer l’effet de la réduction des PM2,5 dans l’atmosphère sur la prévalence des sifflements, des autres symptômes signalés et des infections respiratoires. Plus de 1 100 poêles à bois ont été remplacés par des nouveaux poêles à émission réduite ou d’autres sources de chauffage. Le niveau atmosphérique de PM2,5 était 27,6 % plus bas au cours des hivers qui ont suivi le programme de changement par rapport aux hivers d’avant ce changement. Il y a eu 26,7 % (IC 95% 3,0 % à 44,6 %) de réduction des odds de sifflement signalés pour une diminution moyenne de 5 µg/m3 de PM2,5 hivernale. Un taux atmosphérique plus bas de PM2,5 était aussi associé avec des odds diminués pour les infections respiratoires signalées comprenant les rhumes [25,4% (IC 95 % 7,6 % à 39,7 %)], les bronchites [54,6 % (IC 95 % 24,2 % à 72,8 %)], les grippes [52,3 % (IC 95 % 42,5 % à 60,5 %)] et les infections ORL [45,1 % (IC 95 % 29,0 % à 57,6 %)].

En conclusion, cette intervention sur les poêles à bois a fourni une opportunité unique d’observer prospectivement les bénéfices pour la santé résultant d’une stratégie ciblée de réduction de la pollution atmosphérique dans une communauté rurale.

(publié le 22 octobre 2012)