Utilisation de téléphones mobiles et modifications de la fonction cognitive chez des adolescents.
Use of mobile phones and changes in cognitive fonction in adolescents

S Thomas, G Benke, C Dimitriadis, I Intang, MR Sim, R Wolfe, RJ Croft, MJ Abramson Occupational and Environemental Medicine, 2010, vol 67, n° 12, pages 861-866. Bibliographie.

Plusieurs études ont exploré l’impact de l’exposition au téléphone mobile sur la fonction cognitive chez des adultes. Cependant, les enfants et les adolescents sont particulièrement intéressants du fait de leurs systèmes nerveux en cours de développement.

Des données ont été dérivées de l’Enquête Australienne sur les Utilisateurs de Téléphone à Radiofréquence (EAUTR) qui comportait un examen de départ d’écoliers de septième année (âgés pour la plupart de 12 à 13 ans) au cours de l’année scolaire 2005-2006 et un examen de suivi un an après. Les données sociodémographiques et sur l’exposition ont été recueillies au moyen d’un questionnaire. La fonction cognitive a été évaluée avec une batterie de tests numérisés et le test du mot coloré de Stroop.

Deux cent trente six écoliers ont participé aux deux examens à un an d’intervalle. La proportion de détenteurs de téléphone mobile et le nombre d’appels parlants et de services de messages courts (SMS) par semaine avait augmenté entre le départ et le suivi à un an. Les participants ayant le plus d’appels parlants et de SMS au départ avaient le moins de diminutions des temps de réponse aux différentes tâches numérisées lors de l’examen de suivi à un an. Par ailleurs, ceux ayant une augmentation de l’exposition aux appels parlants et aux SMS au cours de la période d’un an avaient des modifications du temps de réponse à une réaction simple et aux tâches faisant appel à la mémoire. Aucune association n’a été observée entre l’exposition au téléphone mobile et le test de Stroop.

En conclusion, les auteurs australiens ont observé que quelques modifications de la fonction cognitive, en particulier du temps de réponse plutôt que de la précision, survenaient avec une période de latence d’un an et que quelques modifications étaient associées avec l’augmentation de l’exposition. Toutefois, l’augmentation de l’exposition portait principalement sur ceux qui avaient le moins d’appels parlants et de SMS au départ, ce qui suggère que ces modifications au cours du temps peuvent traduire une régression à la moyenne, et ne pas être l’effet de l’exposition au téléphone portable.

(publié le 2 mai 2011)