Valorisation énergétique des déchets : quels risques pour la santé et pour l’environnement ?

La Recherche, 2013, n°477, pp. 90-91
"En Europe, la valorisation énergétique des ordures ménagères est en constante progression. Mais, selon la directive-cadre 2008/98/CE, celle-ci doit rester une alternative à la mise en décharge et ne doit pas se faire au détriment de politiques de prévention et de recyclage. Les déchets destinés à la valorisation énergétique sont ceux qui ne peuvent être recyclés car trop sales ou composés de matières qu’il serait trop coûteux de séparer".
Si l’incinération des déchets a l’avantage incontestable de réduire de 90% le volume des déchets, les populations restent inquiètes face aux fumées supposées toxiques qu’émettent les UIOM (usines d’incinération des ordures ménagères), bien que les exigences soient de plus en plus drastiques. Ainsi entre 1995 et 2006, les émissions totales de dioxines par les UIOM françaises sont passées de 1090 g à quelque 8,5 g alors même que la quantité de déchets incinérés n’a cessé d’augmenter.
La principale question qui se pose encore en matière d’environnement est celle de l’émission des gaz à effet de serre. Si ce type d’installations émet plus de CO2 que les centrales à combustibles fossiles, l’énergie valorisée par les UIOM est renouvelable à hauteur de 50% en moyenne.
Les incinérateurs émettent ainsi en moyenne 149 g de CO2/kWh contre 206 g/kWh pour le gaz naturel, 231 g/kWh pour le GPL ou 343 g/kWh pour le charbon.
De surcroît, les déchets organiques non incinérés émettent du méthane, un gaz à effet de serre, 25 fois plus puissant que le CO2.
(publié le 17 octobre 2013)