Voyages et risques de décompensations psychiatriques

R. Airault ADSP - Actualité et dossier en santé publique, 2011, n°76, pp.43-45. Bibliographie

Le pourcentage de problèmes psychiatriques à l’origine d’un retour anticipé est loin d’être négligeable parmi les transferts sanitaires effectués par les compagnies d’assurance.
Les troubles psychiatriques rencontrés en voyage sont liés :

  • au choc culturel entraînant des troubles révélés ou accentués par la perte des repères habituels qui peuvent aller de l’anxiété à la dépression, de la somatisation à un sentiment de déréalisation, voire de dépersonnalisation ;
  • au jet lag qui peut déclencher des épisodes maniaques chez les patients bipolaires du fait de la privation de sommeil ;
  • à la décompensation psychiatrique de pathologies stabilisées, suite à l’arrêt volontaire ou non de leur traitement ;
  • à l’utilisation de certains médicaments (méfloquine, interféron, antiparkinsoniens de synthèse, certains psychotropes, le Lithium® ),
  • au voyage pathologique (ce sont les troubles psychiatriques qui sont à l’origine du déplacement) ;
  • au syndrome du voyageur (voyage pathogène) : les symptômes psychiatriques à type d’anxiété massive, d’attaques de panique, de sentiment de dépersonnalisation surviennent en dehors de tout contexte psychiatrique et sans prise de drogue ; certains lieux sont plus propices à ce syndrome tels l’axe oriental pour les Occidentaux sur les traces de Marco Polo (syndrome de la route des Indes), des croisés (syndrome de Jérusalem), ou la recherche des traces du paradis perdu (syndrome des îles) ou le vertige avec angoisse face à la beauté des œuvres d’art en Italie (syndrome de Stendhal).

"Le retour anticipé voire le rapatriement en cas de troubles avérés, est un acte thérapeutique qui doit se faire dans de bonnes conditions avec participation active du patient. Se réappropriant ainsi le voyage du retour, il transforme ce vécu en expérience initiatique".

(publié le 2 février 2012)