Bactéries BLSE et microbiote

J. Van Den Broucke, d’après une présentation de X. Lescure Le Généraliste, 2017, n°2790, pp. 28-30. Bibliographie

Si les infections à staphylocoques dorés résistants à la méticilline (SARM) sont maîtrisées grâce aux mesures d’hygiène, il n’en est pas de même des BLSE (Entérobactéries productrices de béta-lactamases à spectre élargi), résistantes aux céphalosporines de 3e génération dont le portage est digestif et donc très fréquent.
Tout traitement antibiotique augmente la densité du portage de la résistance.
Les BLSE sont responsables d’une crise sanitaire majeure. En France la proportion des souches BLSE a décuplé en 10 ans à l’hôpital et à Bangkok, 70% de la population en ville, en est porteuse.
Les pays du Sud sont largement impliqués dans cette résistance aux motifs que :

  • les antibiotiques sont en vente libre et consommés sans contrôle,
  • les antibiotiques sont fabriqués dans les pays émergents et l’environnement autour des usines est contaminé,
  • les eaux usées ne sont pas traitées correctement.

L’agriculture biologique est aussi impactée car les poulets issus de cette filière portent autant de résistances que les volailles conventionnelles ; et tout cela à cause de l’eau qui ne peut être stérile. Idem pour les fruits et légumes qui, bio ou non, sont porteurs à 80% de bactéries résistantes.
Comment y remédier ?
Le microbiote constitué dans les deux premières années de vie conditionne le long terme, ce qui doit inciter à favoriser la naissance par voie basse (ingestion salvatrice de la flore vaginale), l’allaitement maternel (lait riche en Bifidocbacterium), la restriction d’antibiotiques les deux premières années de vie).
A l’âge adulte, certains antibiotiques sont à éviter notamment l’association amoxicilline + acide clavulanique, favorisant la diffusion des résistances. Choisir préférentiellement un antibiotique à élimination urinaire par rapport à une élimination digestive, et raccourcir la durée de l’antibiothérapie à son strict minimum (5 jours voire 3, pour certaines pathologies).

La diffusion des BLSE concerne aussi le voyageur et 51% des voyageurs ayant transité en Afrique, Amérique du Sud ou Asie sont devenus porteurs. La décolonisation survient au bout de 3 mois pour 90% d’entre-eux en l’absence d’antibiothérapie dans l’intervalle.

(publié le 29 mai 2017)