La contamination bactérienne des claviers d’ordinateur à l’hôpital : qu’en pensent les professionnels de santé ?

M. Adé, S. Burger, B. Kessler, S. North, O. Meunier Hygiènes, 2016, vol. XXIV, n°4, pp. 225-231.Références.
En milieu de soins, les claviers d’ordinateurs accessibles à tous sont particulièrement à risque d’héberger des germes pathogènes qui passant de main en main, favorisent la diffusion au sein des services.
Afin de connaître la perception des professionnels de santé face à cette problématique, une enquête a été menée par questionnaire anonyme, envoyé par mail à l’ensemble des médecins, des pharmaciens, des internes, des sages-femmes, des cadres et cadres supérieurs de santé ainsi qu’aux correspondants en hygiène d’un établissement de soins (soit 387 personnes). 109 réponses sont exploitables.
90% des répondants considèrent que les claviers d’ordinateur sont des réservoirs microbiens abritant des germes pathogènes.
Les sources de contamination sont les mains, les gouttelettes oro-pharyngées et éventuellement l’environnement.
L’hygiène des mains devrait être réalisée avant et après l’utilisation du clavier pour 71% des participants.
Le clavier devrait être nettoyé une fois par jour pour 70% des participants ; des dispositifs antimicrobiens ou "facilitant le nettoyage" sont déclarés utiles par 90% des répondants.
Les bonnes intentions retrouvées dans ces réponses sont en décalage par rapport à ce qui est observé en pratique car la compliance générale à l’hygiène des mains des professionnels de santé est évaluée à 40% ; et en ce qui concerne l’utilisation d’ordinateurs, 62% des médecins et 40,3% des infirmières ne pratiquent aucune hygiène des mains. Le nettoyage est le plus souvent réalisé à l’aide de chiffons imprégnés de détergent/désinfectant, de manière très irrégulière et à une fréquence insuffisante par l’utilisateur, les aide-soignants ou les agents des services hospitaliers.
Idéalement, il faut se désinfecter les mains avant la manipulation de l’ordinateur et de de toute façon après son utilisation.
(publié le 1er décembre 2016)