Lampes et lumière artificielle nocturne : une synthèse des effets sur la santé humaine

P. Tossa, M. Souques Environnement et Risques Santé, ERS, 2019, vol.18, n°6, pp. 464-476. Références
Cet article propose une synthèse des connaissances sur les effets sanitaires de la lumière basée sur des rapports scientifiques et une actualisation de la production scientifique récente.
Les lampes à incandescence et les lampes halogènes dont la faible efficacité lumineuse constituait leur principal inconvénient disparaissent progressivement du marché.
Les lampes fluorocompactes (LFC) ont des risques spécifiques liés au mercure et elles ont été interdites de mise sur le marché en 2015, mais les stocks de lampes pouvaient encore été commercialisés. Néanmoins, il apparaît que le risque d’intoxication aiguë ou chronique par du mercure à la suite du bris de LFC paraît raisonnablement exclu en raison des concentrations faibles mesurées dans l’air et ceci malgré l’apparition d’un pic de concentration rapidement après la casse.
Les LED (diodes électroluminescentes) caractérisées par une luminance élevée provoquent l’éblouissement qui va de la gêne à l’incapacité visuelle. Le respect de la réglementation pour la plupart des lampes dans le commerce est suffisant pour protéger les personnes mais l’Anses attire l’attention sur les médias numériques (téléphones mobiles, tablettes, ordinateurs), les dispositifs comme les lampes torches, les jouets, les guirlandes de décoration et les feux de voiture dont la réglementation ne tient pas encore compte des potentiels effets rétiniens de la lumière bleue qu’ils renferment. Les enfants doivent être protégés car leur cristallin filtre le bleu avec beaucoup moins d’efficacité que les adultes et personnes âgées.
Également la plus grande transparence du cristallin de l’enfant expose sa rétine à des longueurs violettes produites par les tubes fluorescents et les lampes tungstène-halogène, longueurs d’onde absentes des lampes LED blanches. Ainsi, les technologies des ces lampes fluorescentes et des lampes tungstène-halogène pourraient s’avérer plus nocives pour l’œil de l’enfant que la technologie LED.
Ajoutons les conséquences des perturbations dans la production de la mélatonine : les troubles du sommeil, le risque de cancer (bien que les études soient contradictoires), le syndrome métabolique et l’obésité, une plus forte incidence des maladies cardiovasculaires.
(publié le 19 février 2020)