LED : dangereux pour la santé ?

A. Torriflia, F. Béhar-Cohen La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2020, vol.34, n°1036

L’œil est exposé aux ondes électromagnétiques solaires (de l’ultra-violet à l’infrarouge), mais aussi aux sources de lumière artificielle.
La cornée et le cristallin absorbent la majeure partie des rayonnements UV dont l’excès induit des cataractes.
L’exposition cumulée à la lumière solaire favorise la DMLA.
Le retrait des lampes à incandescence et halogènes classiques du marché a induit un fort développement d’éclairages enrichis en lumière bleue. Or la proportion de lumière bleue est plus absorbée par le cristallin vieillissant.
La lumière bleue porte plus d’énergie que la lumière rouge et favorise la production de radicaux libres et est donc nocive pour la rétine.

La lumière bleue est également responsable de perturbations des rythmes circadiens entrainant difficulté à l’endormissement, altération de la qualité du sommeil, retentissement sur les fonctions physiologiques particulièrement chez les enfants.
S’y ajoute la sensibilité des LED aux variations des courants d’alimentation, provoquant fatigue visuelle et céphalées.
Enfin, l’exposition à la lumière artificielle favorise la myopie.

Le risque phototoxique des surexpositions aiguës est avéré.
Il existe des normes pour les ampoules destinées au public et des directives qui s’appliquent aux expositions aiguës et aux éclairages domestiques et professionnels.

La prévention repose sur l’utilisation des lampes à LED toujours recouvertes d’une enveloppe qui cache la diode et de l’éclairage indirect plutôt d’un ton blanc chaud.
Éviter au maximum les écrans avant le coucher et les veilleuses ou autres jouets émettant de la lumière bleue la nuit ou le soir.
Privilégier l’exposition à la lumière du jour et éviter les lumières artificielles sont deux moyens de limiter la progression de la myopie.

Les lunettes spécifiques de protection contre la lumière bleue ne peuvent être considérées comme éliminant le risque de phototoxicité rétinienne aiguë.

(publié le 24 juin 2020)