Les entreprises face au réchauffement climatique

G. Carcaly Face au Risque, 2020, n°559, pp. 24-26

L’évolution du climat conduit à une intensification de certains phénomènes naturels qui se manifestent par des inondations, des feux de forêts, des périodes de canicule... que les entreprises ne peuvent plus ignorer ; et tous ces impacts doivent être intégrés à l’analyse des risques des entreprises.
Selon le Baromètre des risques 2020 d’Allianz, le changement climatique se classe dédormais en 7e positon des préoccupations des entreprises dans le monde, alors qu’il était absent du Top 20 mondial en 2015.
Les entreprises craignent bien sûr des dommages directs : crues , feux, tempêtes, séismes dévastant les ateliers et les lieux de production et de stockage, mais aussi détruisant ou interrompant les voies de transport, empêchant l’approvisionnement en matières premières ou la sortie des produits manufacturés. Il s’ensuit des clients mécontents, se tournant vers de nouveaux fournisseurs (pertes de marchés), bouleversant la stabilité économique des entreprises.

Mais l’impact est fort sur les travailleurs qui subissent de plus fréquentes périodes de canicule, de hausse des températures ayant des conséquences sur la santé physique (déshydratation, coup de chaleur, crampes, malaises), mais aussi sur la santé psychique (interruption d’activité exacerbant les risques psychosociaux), sur les accidents (diminution de la vigilance, mais aussi évaporation accélérée de substances volatiles dangereuses pouvant créer des intoxications).
En même temps, la modification des écosystèmes et des populations d’organismes qui les habitent, va changer les zones de répartition des vecteurs d’arboviroses ou favoriser l’installation de nouveaux vecteurs, accroissant les risques biologiques, infectieux ou immuno-allergiques.
Tout cela engendre une fatigue physique et psychique pour tous mais particulièrement pour ceux qui exercent une activité d’aide à la personne.

Les entreprises craignent aussi le durcissement des mesures réglementaires ou législatives qui deviendraient plus contraignantes, mais aussi des pertes de notoriété, de clients ou d’investisseurs qui se tourneraient vers des concurrents montrant un plus fort engagement environnemental. Enfin, des difficultés à l’emprunt pourraient exister pour ceux qui ne s’engagent pas suffisamment dans la lutte contre le réchauffement climatique.

(publié le 15 avril 2020)