Les perturbateurs endocriniens nuisent au bon développement du cerveau

B. Demeneix interviewée par B. Robert La Recherche, 2018, n°533, pp. 4-9. Références

" Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques qui affectent le système hormonal d’un individu" .......et induisent de ce fait des effets indésirables sur la santé d’un organisme intact, et de ses descendants" .... .
Le problème est qu’ils sont omniprésents (dans l’eau, la nourriture, les cosmétiques, les sprays, .......) et qu’il existe aujourd’hui d’innombrables molécules (143 000 recensées actuellement dans l’Union européenne). En 2011, une étude californienne montre que 90% de femmes de 15 à 44 ans sont contaminées par au moins 62 produits dont les 2/3 sont susceptibles d’interférer avec l’hormone thyroïdienne.
D’autres études montrent les effets délétères des perturbateurs endocriniens sur le cerveau des enfants nés de femmes exposées, notamment au premier trimestre de la grossesse. Il est difficile d’apprécier le risque réel car il n’existe pas de relation dose/effet et que les effets sont non monotones.

Quel sera l’impact sur les nouvelles générations ?
Les tests font apparaître :

  • une baisse du quotient intellectuel chez lez enfants. Ainsi après une augmentation du QI entre 1950 et 2000, il est noté une diminution au cours des deux premières décennies du XXIe siècle,
  • un allongement du temps de réaction
  • une multiplication des cas de maladies "neurodéveloppementales", dont les troubles du spectre autistique ;
  • et la descendance de ces enfants, menacée : des marques épigénétiques étant transmises de génération en génération.

Et ce n’est que la partie visible de l’iceberg !

En dépit de ces preuves, la Commission européenne semble réticente à adopter une réglementation ferme ; "notamment à cause des lobbys des industries chimiques", mais les choses évoluent :

  • adoption de la réglementation Reach en 2006,
  • interdiction de certains produits comme les phtalates par l’Agence européenne des produits chimiques,
  • publication de nombreux articles sur ce sujet créant un niveau de conscience positif.

Pour se prémunir au maximum de ces substances sans pour autant y échapper totalement, il est conseillé de :

  • manger bio,
  • éviter la consommation d’aliments ayant été en contact avec du plastique,
  • limiter l’usage de cosmétiques inutiles,
  • laver ses vêtements neufs avant de les porter,
  • éteindre la nuit ses appareil électroniques,
  • éviter l’usage de pesticides à la maison,
  • consommer du sel de table iodé surtout pour les femmes enceintes (l’auteur conseille même une supplémentation en iode chez les femmes qui prévoient une grossesse, qui sont enceintes ou qui allaitent).
(publié le 16 mai 2018)