Lumière artificielle nocturne et pollution lumineuse : une synthèse des effets sur les rythmes biologiques chez l’homme

P. Tossa, M. Souques Environnement et Risques Santé, ERS, 2019, vol.18, n°6, pp. 477-485. Références

Cet article propose une mise à jour des connaissances sur les effets chrono biologiques de la lumière artificielle la nuit, notamment de la lumière bleue.
Les rythmes circadiens sont régis par l’horloge biologique. Lorsque l’horloge interne d’un organisme n’est plus en harmonie avec l’environnement, il se produit une dissociation temporelle de son fonctionnement. Le travail posté en est une cause.
Une exposition à la lumière artificielle pendant la nuit perturbe la sécrétion de la mélatonine (hormone dont le rôle est d’informer l’organisme afin de régulariser l’horloge interne) et génère des décalages de phase, responsables de troubles du sommeil, engendrant une fatigue chronique ou des troubles du comportement. Une étude aux Pays-Bas estime les troubles du sommeil à 1,5 à 2 fois plus fréquents chez les travailleurs de nuit postés que chez les travailleurs de jour.

Le travail posté impliquant une modification du rythme circadien a été classé par le centre international de recherche sur le cancer (CIRC) comme "cancérogène probable pour l’homme", notamment pour le cancer du sein, mais différentes études ont été menées avec des résultats contradictoires.
Plusieurs travaux ont monté un risque accru de cancer de la prostate avec un effet plus marqué lors d’exposition à la lumière bleue. Des études ont rapporté la capacité de la mélatonine à exercer une activité antioxydante et des niveaux bas de sous-produits de réparation de l’ADN chez les travailleurs postés en comparaison avec leurs collègues de jour.

Par ailleurs, il est établi que la perturbation des rythmes circadiens et une durée plus courte de sommeil affectent les processus métaboliques et endocriniens et contribuent à l’augmentation du risque de développement de diabète de type 2, du syndrome métabolique et de l’obésité.

De nombreuses étude ont montré que le travail posté augmentait le risque de maladies cardiovasculaires, de façon pus importante chez les femmes avec un facteur 3 (versus un facteur 1,6 chez les hommes).
Une étude récente menée aux Pays-Bas rapporte que "travailler de nuit, en quarts, pendant 40 ans, entraînerait une augmentation du risque de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires de 7 à 8%".

(publié le 19 février 2020)