Punaises de lits : en recrudescence

P. Delaunay La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2017, vol 31, n°979, pp. 284-285. Bibliographie
Les punaises de lit avaient disparu depuis des millénaires mais sont réapparues depuis le début des années 1990 en lien avec l’abandon du DDT et l’accroissement du tourisme et du commerce. Elles sont actuellement présentes dans tous les départements de la métropole.
Les punaises sont minuscules. Leurs déjections (sous forme d’amas noirâtres déposés sur les structures non absorbantes ou imprégnant les tissus) permettent de les repérer. La femelle est très prolifique et pond de 200 à 500 œufs dans sa vie.
Ces insectes hématophages sont actifs la nuit et fuient la lumière. Ils se nichent dans des endroits d’où ils sont difficiles à déloger et ils peuvent être transportés par un voyageur à parfois quelques milliers de km de leur lieu de vie habituel à la faveur de bagages ou de linge contaminés.
Les lésions occasionnées par les piqûres, centrées par un point hémorragique sont disposées en ligne sur les parties découvertes du corps et sont prurigineuses le matin. Elles peuvent se surinfecter à la faveur du grattage. Les punaises ne semblent pas transmettre d’agent infectieux.
Pour s’en débarrasser, il n’y a pas de méthode miraculeuse mais la lutte suppose une étroite collaboration : occupant, propriétaire et désinsectiseur. La lutte mécanique (sans insecticide) est efficace mais négligée et suppose de déplacer, soulever, laver les meubles, aspirer, nettoyer à la vapeur recoins et tissus d’ameublement, repointer les plinthes, rejointer les fentes des murs, déposer matelas et sommiers à la décharge.
La lutte chimique est l’affaire de désinsectiseurs (au moins deux interventions).
Pour éviter la contamination au retour d’un voyage, il faut prendre une douche, laver ses vêtements à 60 °C, nettoyer la valise y compris la fermeture éclair qui sera brossée.
(publié le 6 juin 2017)