Y aura-t-il du SARS-CoV-2 sur les plages ? Quelle saisonnalité pour les coronavirus humains ?

Stéphane Korsia-Meffre Journal International de Médecine, JIM.fr, Actualités, 23 Avril 2020

Que va-t-il advenir de la pandémie de COVID-19 cet été ?
L’examen de différents modélisations a permis d’établir une synthèse que l’auteur résume en ces termes : " il est très peu probable que la COVID-19 disparaisse cet été. En revanche, il est raisonnablement probable que son R0 se maintienne sous la barre de 1 (de 0,5 ?), d’autant plus que des mesures de distanciation sociale et de restriction des déplacements seront maintenues et respectées. Tous les modélisateurs insistent sur l’importance de ces quelques mois de répit estival relatif pour préparer les structures de soin à un pic d’incidence au cours de l’hiver prochain, pic qui pourrait être plus intense ou, plus probablement, plus durable que celui que nous avons connu ces dernières semaines". (NDLR : mars-avril 2020).

Après quelques années, il est très probable, que la COVID-19 devienne une infection endémique saisonnière, comme l’est devenue l’épidémie de grippe A/H1N1 de 2009.
Un autre travail de modélisation, à partir des données d’immunité et de saisonnalité des rhumes, publié dans Science par une équipe d’Harvard, prédit une forte pression de l’épidémie sur les structures de santé jusqu’en 2022, avec nécessité d’implémenter des périodes de réduction active du R0 (distanciation sociale). Ces séquences de réduction active devront être moins fréquentes si le SARS-CoV-2 exprime une saisonnalité (diminution naturelle du R0 en été). Il est probable qu’il faille les appliquer au moins 25% du temps plus en hiver qu’en été (si ce nouveau coronavirus s’avère bien saisonnier).
Mais ce n’est pas fini. En cas de disparition de la maladie après 2022, une surveillance étroite devra continuer à être appliquée, une résurgence étant possible jusqu’en 2025.

(publié le 29 avril 2020)