Acouphènes : quoi de neuf ?

A. Londero, V. Thys La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2011, vol.25, n°855, pp.111-115. Bibliographie.
Les acouphènes affectent plus de 10% de la population générale. Ces acouphènes correspondent à une perception sonore élémentaire sans source extérieure. Il ne s’agit pas d’une hallucination psychiatrique.
Il existe des acouphènes objectifs (fort rares, moins de 5% des acouphènes) correspondant à un bruit organique qui peut être d’origine vasculaire ou musculaire et des acouphènes subjectifs de loin les plus fréquents (plus de 95%), seulement audibles par le patient, témoignant d’une lésion existant ou ayant existé des voies auditives périphériques ou centrales.
Ces acouphènes subjectifs sont dits bien tolérés lorsqu’ils ne perturbent pas la qualité de vie du patient. Ils sont dits décompensés lorsqu’ils sont la source d’un inconfort parfois majeur. C’est aux patients souffrant de ces acouphènes que sera proposée une prise en charge multidisciplinaire.
Le bilan initial comprend un interrogatoire et l’application du questionnaire d’évaluation le Tinnitus Handicap Inventory (THI) qui permet d’apprécier le degré d’intolérance à l’acouphène, suivis d’un examen somatique général (afin de dépister des maladies intercurrentes pouvant constituer un facteur aggravant de l’acouphène), et d’un examen ORL qui est le temps clinique essentiel. Les explorations radiologiques ou fonctionnelles ne seront jamais systématiques.
Un acouphène subjectif d’installation récente exige d’en rechercher la cause.
En cas d’acouphène chronique, la priorité est d’améliorer la tolérance en compensant le déficit auditif et/ou en masquant l’acouphène, en traitant les symptômes associés (anxiété, dépression et troubles du sommeil) et, pour les cas les plus difficiles, en orientant le patient vers une consultation multidisciplinaire spécifique.
De nouvelles thérapeutiques comme les stimulations magnétiques transcrâniennes sont en cours d’évaluation.
Les auteurs rappellent qu’aucune médecine alternative n’a démontré une activité supérieure au placebo dans cette indication.
(publié le 13 avril 2011)