Activité physique et lombalgie chronique : quelle attitude médicale ?

S. Geneway Le Concours médical, 2014, vol.136, n°9, pp.704-706. Bibliographie

Avant de choisir l’attitude la plus thérapeutique face à un patient voulant reprendre un sport ou n’arrivant plus à accomplir ses tâches professionnelles, il est important d’effacer toutes les croyances et de s’appuyer sur des données scientifiques établies.
Il sera dès lors nécessaire de rappeler que :

  • seules 30% des personnes souffrant d’un épisode aigu ont une évolution complètement favorable à un an,
  • le taux de récidives dans la première année suivant un épisode de syndrome lombo-vertébral aigu varie selon les populations et les définitions de 24 à 80%,
  • il n’existe aucune image IRM associée à un épisode de lumbago aigu,
  • aucun événement traumatique "mineur" n’a pu être identifié comme déclenchant un premier épisode.
  • il n’existe aucun lien entre les images classiquement décrites par l’IRM et l’évolution clinique,
  • le repos au lit forcé est la pire des prescriptions en cas d’épisode aigu, l’important étant de rester actif,
  • l’intensité de l’activité physqiue au cours d’une vie n’entraîne aucun dégât sur le rachis.

L’information sera rassurante et dépourvue de mots compliqués

En ce qui concerne les conditions de travail, il faut s’affranchir des considérations "simplistes" et insister sur le fait que l’effort physique même intense et répété au fil d’une vie professionnelle n’a qu’une très faible influence sur la dégénérescence discale. Par contre la notion de stress professionnel, notamment de "job strain" est fortement liée aux conséquences d’une douleur lombaire et prend largement le dessus sur toute autre considération comme la catégorie socioprofessionnelle ou le type de tâche. Les principaux déterminants des discopathies ne sont pas professionnels.

Ces assertions ben qu’étayées par des études scientifiques entraînent fréquemment des réactions de rejet de la part des patients mais aussi de la part des professionnels de santé.

Il existe aussi une tendance à confondre cause et conséquence et ce n’est pas parce qu’une activité physique est difficile à réaliser qu’elle en est la cause.

Il n’est pas question d’une réponse unique pour tous les patients lombalgiques. Le thérapeute au terme d’un analyse précise des répercussions fonctionnelles du syndrome lombo-vertébal pourra donner au sujet des conseils appropriés et ciblés.
Il n’y a pas lieu de craindre la pratique sportive récréative et il n’y a aucune raison d’émettre a priori un avis négatif. On est surpris de voir des patients passablement handicapés par leur lombalgie reprendre progressivement leur activité physique à la suite d’une bonne préparation physique et d’un bon coaching.

(publié le 16 février 2015)