De la communication à la coopération entre médecins généralistes et médecins du travail

J. Darmon Le Concours Médical, 2013, vol.135, n°10, pp.809-811

Cet article concerne l’indispensable communication entre médecin du travail et médecin traitant tout au long de la vie professionnelle d’un salarié, au hasard de ses aléas de santé.
Cela concerne :

  • l’orientation vers le médecin traitant d’un salarié chez qui le médecin du travail soupçonne ou diagnostique une pathologie nécessitant une prise en charge thérapeutique ;
  • l’information au médecin traitant de situations professionnelles délétères (physiques ou psychosociales) pour la santé du salarié (aide au diagnostic) ;
  • les démarches à engager par le médecin traitant pour faciliter le retour au travail du salarié après un long arrêt de travail (reconnaissance du statut de travailleur handicapé par exemple) ;
  • la visite de pré-reprise auprès du médecin du travail afin de faire le point sur l’état de santé du salarié et d’apprécier ses capacités restantes pour proposer un aménagement de poste ;
  • l’aide à la déclaration de maladies professionnelles afin de réduire le pourcentage de sous-déclarations, la majorité des médecins traitants ressentant des difficultés pour identifier l’origine professionnelle des pathologies, pour s’y retrouver dans la complexité des tableaux ou pour connaître les critères de reconnaissance ;
  • l’indemnisation des troubles psychiques en relation avec le travail, qui représentent 20% des maladies à caractère professionnel chez les hommes et 31% chez les femmes.
  • l’état de grossesse : les médecins traitants doivent inciter la salariée à informer précocement son médecin du travail afin que ce dernier puisse aménager le poste de travail (modification des horaires de travail, éviction des produits toxiques pour la reproduction).
  • la mise en œuvre d’un suivi post-professionnel : le médecin du travail informera le médecin traitant de ses modalités.

Il est bien admis que la communication entre médecin du travail et médecin traitant n’est pas assez développée. Elle doit être encouragée et ne doit pas être à sens unique.
Les connaissances, les prérogatives et les savoir-faire des médecins généralistes et des médecins du travail sont complémentaires pour préserver la santé des travailleurs dont ils ont la charge. Mais cette coopération ne pourra s’engager qu’avec l’accord exprès du patient. Le Conseil national de l’Ordre des médecins recommande la démarche suivante : "remettre au patient un courrier dans une enveloppe décachetée, dont il pourra prendre connaissance et qu’il remettra au médecin destinataire s’il le souhaite".

(publié le 30 janvier 2014)