Dermatite allergique de contact

D.Tennstedt, M-C. Jacobs, M. Baeck, J-M. Lachapelle Encyclopédie Médico-Chirurgicale, Elsevier Masson SAS, Issy-les-Moulineaux, Dermatologie, 2012, 98-145-A-10, 17 p. Bibliographie
La "dermatite allergique de contact" est aussi appelée "eczéma de contact allergique". Elle survient 48 à 72 h après le contact, sauf s’il s’agit d’une primosensibilisation, où le temps d’apparition avoisine 7 à 10 jours. Il s’agit d’une réaction retardée à médiation cellulaire.
Le déclenchement de la réaction allergique nécessite la pénétration de la substance à travers la couche cornée de l’épiderme. La substance allergisante est un haptène, c’est à dire une molécule qui n’est pas intrinsèquement allergisante mais qui le devient en se fixant sur des protéines épidermiques.
Il existe des réactions croisées et des allergies de groupe.
La prévalence de l’allergie de contact est difficile à connaître mais se situerait entre 2% et 10% de la population. Il n’y aurait pas de différence entre les non-atopiques et les atopiques, hormis le fait que ces derniers sont plus exposés au contact d’allergènes divers.
Parmi les méthodes d’investigation, le test épicutané (patch test) reste le "gold standard", mais il existe des faux négatifs et des faux positifs. Dans certains cas on peut proposer en complément : le photopatch test (supposant une exposition aux UVB), le stripping test (abrasion préalable de la couche cornée afin de favoriser la pénétration des allergènes), le test ouvert (sans occlusion), le test semi-ouvert (qui évite les réactions d’irritation), le test d’application ouvert itératif et le test d’usage.
La batterie standard européenne propose 28 allergènes. Une batterie des ajouts est possible correspondant à des allergènes émergents.
Il existe des eczémas particuliers : eczéma aéroporté, eczéma photoallergique, eczéma manuporté, eczéma par procuration, eczéma par voie interne, dermatite de contact aux protéines.
L’anamnèse doit porter sur les activités récentes, professionnelles, occasionnelles, récréatives, sur les produits d’hygiène et de cosmétologie.
Le traitement des eczémas allergiques suppose une éviction totale de l’allergène et à défaut, le port de gants adaptés, de vêtements de protection et l’usage de hottes aspirantes.
L’eczéma aigu relève de bains de solutions diluées d’eau de Dalibour ou d’eau boriquée, et de corticostéroïdes par voie générale.
L’eczéma chronique nécessite des onguents cortisonés et exceptionnellement une courte cure de ciclosporine par voie orale.
(publié le 23 août 2012)