Emploi atypique et troubles dépressifs en France à partir de l’Enquête décennale santé 2003

G. Santin, C. Cohidon, M. Goldberg, E. Imbernon Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire, 2001, n°7, p. 57-60. Bibliographie
L’objectif de cette étude est de décrire, en population française au travail, les liens entre l’emploi atypique et la symptomatologie dépressive, à partir des données de l’Enquête décennale santé 2003 de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). La population étudiée a été restreinte aux personnes occupant un emploi au moment de l’enquête. 82% des actifs éligibles ont complété un questionnaire exploitable, soit 11 895 personnes (6 322 hommes et 5 663 femmes).
La santé mentale a été évaluée par la version française validée de l’échelle CES-D (Center for Epidemiological Studies - Depression Scale).
L’emploi atypique a été caractérisé par le statut d’emploi (contrat à durée limitée ou indéterminée, à son compte) et par l’expérience du temps partiel au cours de la vie professionnelle, en distinguant les temps partiels subis ou choisis.
Les femmes sont plus souvent confrontées aux emplois atypiques que les hommes, en termes de contrat à durée limitée et de temps partiel. Cette étude montre une association entre une symptomatologie dépressive et plusieurs indicateurs d’emplois atypiques. Le temps partiel subi est associé à une fréquence accrue de symptômes dépressifs, alors que ce n’est pas le cas pour le temps partiel choisi. Par ailleurs, le fait d’être en contrat à durée limitée n’est associé à la symptomatologie dépressive que chez les femmes.
Quel que soit le sexe, on trouve un gradient dans l’association entre dépressivité et niveau d’étude, les personnes les plus touchées étant celles sans diplôme. Les hommes n’ayant pas contracté d’assurance complémentaire santé sont plus concernés par les symptômes dépressifs.
Le contexte économique actuel qui engendre une insécurité de l’emploi touchant préférentiellement les travailleurs occupant un emploi atypique, est un élément à prendre en compte dans la nécessité de surveiller particulièrement la santé psychique des ces populations.
(publié le 15 juin 2010)