Facteurs d’insertion professionnelle des personnes souffrant d’épilepsie : revue de la littérature

C. Combarnous, B. Charbotel, A. Didelot, A. Bergeret, P.M. Gonnaud Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2016, vol.77, n°1, pp.33-42. Références.

Un travail a été initié afin d’identifier à partir des données de la littérature récente (recherche sur PubMed et Science Direct), les facteurs d’’insertion professionnelle (ISP) des personnes souffrant d’épilepsie (PSE) et d’analyser leur retentissement.
45 références ont été étudiées.
Les personnes souffrant d’épilepsie ont une mauvaise image d’elles-mêmes souvent associée à un état de dépression et d’anxiété qui entrave leur employabilité.
Elles présentent également plus souvent un manque de confiance en leurs capacités notamment de travail et adoptent un comportement passif associé à un manque d’initiative et d’autonomie.
25% à plus de la moitié des PSE (suivant les sources) se sentent stigmatisées mais de manière variable et ce degré de stigmatisation serait le reflet d’une mauvaise qualité de vie, altérée par un mauvais contrôle de la maladie, corrélé à l’anxiété, la dépression et la mauvaise estime de soi.
Les PSE ont peur d’une crise dans un lieu public et des éventuelles blessures associées. Elles sont aussi préoccupées par les limitations sur leur mode de vie (notamment restriction de la conduite automobile). Elles craignent surtout la discrimination en cas de divulgation de la maladie à l’employeur et aux collègues.
La perception de l’épilepsie par les autres est entachée par de nombreux préjugés et stéréotypes liés à une ignorance de la maladie. Les employeurs préféreraient embaucher une personne atteinte d’un cancer en rémission, d’une dépression, de problèmes cardiaques, du sida ou d’un léger retard mental plutôt qu’une PSE, dans la crainte de problèmes de sécurité en raison de l’imprévisibilité et de la soudaineté des crises. Le malaise social exprimé à l’égard d’une PSE est moindre à des niveaux de hiérarchie et de rémunération plus élevés.

Les caractéristiques des crises, leur fréquence, l’âge de début des crises, des comorbidités psychiatriques (dont l’anxiété et la dépression beaucoup plus fréquentes que dans la population générale), les effets secondaires des traitements sont autant de facteurs péjoratifs pour l’employabilité.

L’intégration professionnelle est le résultat d’un ensemble de facteurs intriqués, qui peut être représenté comme un cercle vicieux entre trois familles de variables touchant le malade, son entourage et sa maladie. Gravitent dans cet environnement : neurologue, médecin du travail et organismes d’insertion, psychologue et psychiatre. L’important est d’articuler les compétences afin d’obtenir un cercle vertueux et un accompagnement sur les facteurs sources de difficultés.

(publié le 20 septembre 2016)