Grossesse et travail au CHU de Bordeaux : étude comparative de la fréquence des principales complications de la grossesse du personnel (hors personnel médical et de recherche) par rapport à la population générale

A. Vidal, M. Rinaldo, P. Brochard, J. Baron, C. Verdun-Esquer Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2016, Vol.77, n°1, pp.10-20. Références

Une enquête épidémiologique descriptive a été menée par le service de médecine du travail, dans l’objectif de faire un état des lieux de la fréquence des principales complications de la grossesse chez le personnel hospitalier du CHU de Bordeaux, et d’en comparer la fréquence aux données de la population générale issues de l’enquête périnatale.
Cette étude a été réalisée au moyen d’un questionnaire (explorant notamment la sphère professionnelle, les principales complications de la grossesse et les facteurs de risque extra-professionnels de la grossesse), renseigné lors de la visite de reprise après maternité.
447 femmes ont été incluses et le milieu de soins est largement majoritaire.
L’analyse des expositions professionnelles retrouve principalement des risques biologiques, certaines activités physiques, des risques chimiques, des contraintes organisationnelles.

Comparativement à la population générale, on relève une proportion plus élevée de diabète gestationnel, d’hémorragie du 2e ou 3e trimestre et une augmentation significative de l’HTA gravidique et de la menace d’accouchement prématuré, malgré un arrêt beaucoup plus précoce de l’activité professionnelle.
En revanche, il n’y a pas de différence statistique significative concernant le taux de prématurité et le taux d’hypotrophie.
Il semble important, "dès la visite d’embauche de sensibiliser la salariée, à l’importance d’une déclaration précoce de la grossesse, lorsque le risque est connu au poste de travail". S’il "n’y a pas de recommandations unanimes concernant l’activité et les contraintes physiques de la salariée enceinte, il faut être attentif aux difficultés exprimées par celle-ci et prendre en compte la multiplicité de ses expositions (et ne pas les analyser de façon isolée).

(publié le 20 septembre 2016)