Hépatite C : quels enjeux ?

L. Piroth, P. Hillon, A. Minello La Revue du Praticien, 2015, vol.29, n°949, pp. 720-721. Bibliographie
On estime que 200 000 personnes en France sont infectées par le VHC (dont un tiers n’ont pas connaissance de leur statut).
L’infection par le VHC génère dans 70 à 80% des cas une hépatite chronique et les complications occasionnent 2 600 décès par an.
Les nouveaux antiviraux dirigés contre la polymérase, la protéase et le complexe de réplication ont une efficacité supérieure à 90% mais en raison d’un coût élevé (un traitement de 12 semaines peut atteindre 46 000 euros), leurs indications restent restreintes.
L’indication d’un tel traitement passe par une concertation pluridisciplinaire et actuellement, seules les personnes à risque d’évolution défavorable à court et moyen terme relèvent d’une telle prise en charge. L’AFET préconise de traiter tous les malades infectés par un génotype 3, ceux qui sont en attente ou qui ont eu une transplantation ou qui souffrent d’une fatigue invalidante et les sujets les plus susceptibles de transmettre le virus.
Eu égard aux taux de réponse très élevés avec les schémas actuels sur 12 semaines, des durées de traitement plus courtes sont actuellement à l’étude, tandis que les prix devraient baisser au fil du temps.
L’important est de renforcer le dépistage. Jusqu’en mai 2014, il était centré sur les personnes à risque. Depuis cette date, il est recommandé de réaliser au moins une fois dans la vie un dépistage systématique du VIH, du VHB et du VHC pour tous les hommes et pour les femmes enceintes.
La Haute Autorité de Santé a rendu un avis favorable pour l’utilisation de tests rapides d’orientation diagnostique par des non-professionnels de santé pour le dépistage des personnes les plus exposées, mais l’arrêté autorisant leur utilisation n’a toujours pas été publié.
(publié le 2 décembre 2015)