Inégalités sociales de mortalité par cancer en France : état des lieux et évolution temporelle

G. Menvielle BEH, Bulletin épidémiologique hebdomadaire, 2008, n°33, p.289-292. Bibliographie

Afin de mettre en évidence les inégalités de mortalité existant en France, un couplage a été réalisé entre un échantillon représentatif de la population française (données issues de l’Echantillon démographique permanent de l’Insee) et les causes médicales de décès collectées par l’Inserm (Insitut national de la santé et de la recherche médicale). Les analyses ont été conduites pour la mortalité tous cancers et pour les principales localisations. La situation sociale a été évaluée par le niveau d’études déclaré aux recensements de 1968,1975,1982 et 1990. De fortes inégalités sociales de mortalité par cancer sont observées chez les hommes, en particulier pour les cancers des voies aéro-digestives supérieures (cavité buccale, larynx, pharynx) et de l’œsophage. Ces inégalités se sont accrues entre 1968 et 1981 pour se stabiliser ensuite. Chez les hommes, les consommations de tabac et d’alcool sont les principaux contributeurs de ces inégalités sociales par cancer. Il faut toutefois remarquer que ces consommations ne permettent pas à elles seules d’expliquer l’ensemble des inégalités observées pour les cancers. Chez les femmes, les inégalités sociales sont moins marquées, mais sont observées pour le cancer de l’utérus, de l’estomac et du poumon. En ce qui concerne le cancer du sein, le taux de mortalité pour cette cause de décès était plus élevé dans la période 1975-1990 parmi les femmes les plus diplômées. « Les différences sociales de mortalité ont ensuite diminué pour disparaître au cours de la période la plus récente. Actuellement, il ne subsiste plus de différence de mortalité en fonction du niveau d’études ».

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(publié le 2 décembre 2008)