Insomnie, fatigue et somnolence : prévalence et état de santé associé, déclarés par les plus de 16 ans en France métropolitaine.
Données ESPS 2008

C. Gourrier-Fréry, C. Chan-Chee, D. Léger Bulletin épidémiologique hebdomadaire, BEH, 2012, n°44-45, pp. 502-509. Bibliographie
En 2008, un volet sur le sommeil a été intégré à l’Enquête sur la santé et la protection sociale des Français ; les données ont été recueillies par auto-questionnaire dédié aux individus âgés de 16 ans et plus.
Cette enquête conforte la forte prévalence des troubles du sommeil en France : en 2008, plus d’un tiers des 16 ans et plus déclaraient une symptomatologie d’insomnie au moins 3 nuits/semaine, plus d’un quart les décrivaient depuis plus de 3 mois et près d’un individu sur 5 témoignait d’une insomnie diurne accompagnée de perturbations diurnes (ICPD) : fatigue ou somnolence excessive. La prévalence était plus forte chez les femmes que chez les hommes.
Parmi les caractéristiques sociodémographiques associées à la déclaration d’ICPD, on trouve le sexe féminin, l’âge (augmentation de la prévalence jusqu’à la classe d ’âge des 45-54 ans), le statut marital (prévalence plus faible chez les célibataires que chez les sujets en couple, divorcés, séparés ou veufs), l’existence d’un rythme décalé ou d’une précarité sociale.
L’étude montre la prépondérance des réveils nocturnes fréquents (22,8%) devant la difficulté d’endormissement (15,8%) et le réveil trop précoce (13,4%).
La sensation de sommeil non récupérateur était exprimée par 11,3% des sujets.
Dans cette étude, seuls 7,3% des sujets manifestant une ICPD ne déclaraient aucun trouble physique ou psychique concomitant ; cela confirme que l’insomnie est exprimée principalement par des personnes manifestant d’autres problèmes de santé.
Moins d’un tiers des individus manifestant une ICPD avaient déjà consulté pour leurs problèmes de sommeil. Les taux de consultation restent faibles notamment chez les plus jeunes.
22,2% des personnes manifestant une ICPD prenaient habituellement des médicaments pour dormir, essentiellement des benzodiazépines (82%), bien que leur utilisation au longs cours soit déconseillée.
Le recours aux médicaments phytothérapiques ou homéopathiques est rare (respectivement 4,3% et 2,5% des sujets).
Cette étude plaide en faveur de la nécessité d’une meilleure prise en compte de l’insomnie et de sa prise en charge.
(publié le 14 janvier 2013)