Intolérance aux odeurs

D-A. Dupas La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2010, vol.24, n°849, pp.756-757. Bibliographie
Le syndrome d’intolérance aux odeurs chimiques (SIOC) est un ensemble de symptômes non spécifiques survenant après exposition à de faibles concentrations de substances chimiques, inférieures à leur seuil de détection, apparaissant lors de l’exposition à des composés n’ayant aucune parenté chimique et qui n’entrent dans le cadre d’aucune affection organique connue.
Les symptômes allégués par le patient sont nombreux : ORL, respiratoires, neurologiques, digestifs, ophtalmologiques, rhumatologiques et apparaissent brutalement suite à un évènement déclenchant, ou plus souvent progressivement, sans qu’il soit possible de fixer une date de début et une cause précise.
L’entourage est indemne, l’examen clinique et les examens complémentaires sont normaux, mais le retentissement social et professionnel peut devenir majeur (et peut aller jusqu’à une inaptitude en cas d’impossibilité d’aménagement du poste de travail). L’anxiété est quasi constante.
Les principales substances en cause en milieu de travail sont les solvants, peintures, vernis, colles, résines, produits de nettoyage, détergents, désinfectants, parfums, cosmétiques, fumées, gaz d’échappement, carburants .....
Il est important d’identifier les patients atteints de SIOC, de les écouter. La prise en charge qui doit commencer tôt, sera d’ordre psychologique de type cognitivo-comportementale. Une consultation auprès d’un centre de pathologie professionnelle et environnementale pourra aider le patient à accepter le diagnostic et envisager les mesures propres à améliorer sa propre vie.
L’évolution est souvent défavorable et la symptomatologie s’aggrave souvent eu égard à la multiplication des situations gênantes.
le SIOC n’est pas reconnu comme une maladie professionnelle mais peut être pris en charge (exceptionnellement) au titre d’accident du travail.
(publié le 9 décembre 2010)