La rétinopathie liée aux antipaludéens de synthèse reste une menace d’actualité

A. Chiffoleau, A. Guillet, X. Zanlonghi, P. Jolliet La Presse Médicale, 2009, vol. 38, n° 4, p. 662-663. Bibliographie

Une étude rétrospective a été menée auprès de 40 cas de rétinopathie aux antipaludéens de synthèse suivis en secteur libéral depuis 1990. Les personnes âgées en moyenne de 60 ans constituent la majorité des cas. Elles ont reçu de l’hydroxychloroquine (en cause dans 84 % des cas) pour des indications de polyarthrite rhumatoïde (58 %), de lupus érythémateux disséminé (22 %) mais dans 12 % des cas, il s’agissait d’automédication par chloroquine pour des séjours prolongés en Afrique. Cette rétinopathie localisée préférentiellement à la région maculaire évolue insidieusement et progressivement. Les premiers signes sont souvent négligés (baisse d’acuité visuelle attribuée à l’âge) ou rapportés à la coexistence d’autres affections trompeuses (DMLA, cataracte). Les facteurs de risque sont l’exposition prolongée (supérieure à 10 ans), les doses cumulées importantes (supérieures à 2 kg). « Le manque de surveillance et d’examens adaptés, la poursuite inappropriée du traitement seraient liés à la méconnaissance et à la banalisation d’un médicament pris de façon routinière et à la minimisation d’un risque théorique comparé à l’évolution d’une pathologie quotidiennement handicapante ». Des examens approfondis réguliers sont indispensables annuellement pour la majorité des sujets mais à moduler en fonction de l’importance de l’exposition.

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(publié le 1er octobre 2009)