La route : un risque professionnel majeur

PIC, Protection Individuelle et Collective, 2010, n°61, p.36-39
"Il n’existe pas d’activité humaine plus dangereuse que la conduite automobile". En 2008, les accidents de trajet ont représenté plus d’un tiers des accidents mortels sur la route et la moitié des décès au titre des accidents du travail.
Depuis 2009, 1/3 des morts sur la route sont des conducteurs ou des passagers de deux roues alors qu’ils ne représentent que 2% des véhicules en circulation.
Les véhicules utilitaires légers sont très concernés : pour un accident mettant en situation une voiture, il y a 1,4 victime alors qu’il y en a 3,3 quand une camionnette est impliquée. Il apparaît important de s’intéresser à l’aménagement du véhicule (points et système d’ancrage, équipements de sécurité), aux dispositifs de contrôle (pression des pneus, témoins de surcharge), mais aussi à l’entretien du véhicule (carnet de suivi).
Il est bien certain que les salariés ne sont pas égaux devant le risque routier et des secteurs sont plus touchés notamment les salariés du secteur de l’alimentation et de la grande distribution, juste devant ceux du BTP et des entreprises de services, en lien avec les horaires fractionnés et décalés.
L’âge est aussi un facteur discriminant et les hommes ont deux fois plus d’accidents mortels que les femmes. Celles ci, quant à elles, ont plus d’accidents lors du trajet aller (minutage strict pour les femmes qui doivent s’affranchir de la conduite des enfants à l’école avant d’arriver à l’heure au travail).
Les employeurs s’investissent : prise en charge du contrôle technique du véhicule personnel de leurs salariés, installation de stations de gonflage de pneus dans l’entreprise, mais aussi deviennent plus stricts (interdiction de l’utilisation du véhicule personnel pour des trajets de mission supérieurs à une certaine distance, interdiction totale de l’usage du deux roues motorisé), mais les préventeurs ont des difficultés quand leurs interventions touchent la sphère privée.
La situation n’est pas gagnée : en effet les Français habitent de plus en plus loin de leur lieu de travail et ils ne sont que 30% à travailler dans leur commune de résidence.
(publié le 27 avril 2010)