Médecine humaine et animale : approches cliniques des zoonoses, des toxiques et des autres risques pour la santé partagés.
Human-Animal Medicine : Clinical approaches to zoonoses, toxicants, and other shared health risk

P Rabinowitz, L Conti. Sanders-Elsevier, USA Maryland Heights, MO ISBN 978/1/4160/6837-2, 2010,412 pages. M GOCHFELD Journal of Occupational and Envionmental Medicine, 2010, vol 52, n°11, pages 1139-1140. Bibliographie.

Dans la revue des livres parus, le Docteur Michael Cockfeld fait la recension de "Médecine humaine et animale : approches cliniques des zoonoses, des toxiques et des autres risques pour la santé partagés". Cet ouvrage américain a fait intervenir 33 auteurs, sous la direction de Peter Rabinowitz et Lisa Conti, pour regrouper en 14 chapitres l’essentiel du concept de "santé unique". Ce concept repose sur la convergence des populations humaines, animales et de notre environnement qui a créé une nouvelle dynamique dans laquelle la santé de chaque groupe est intimement interconnectée. A l’exclusion des invertébrés, les animaux et les humains partagent la même anatomie fondamentale avec le même système d’organes. Ils partagent également la même vulnérabilité fondamentale vis-à-vis des agents pathogènes et des stresseurs environnementaux. Ces constats sont développés dans le premier chapitre.

Le chapitre 2 porte sur les aspects légaux et éthiques communs à la médecine humaine et à la médecine vétérinaire ; le chapitre 3 souligne la convergence de la démarche d’anamnèse dans les deux modes d’exercice, anamnèse médiée en pratique vétérinaire pour l’interrogatoire des humains qui possèdent ou s’occupent des animaux malades.

Le chapitre 4 introduit la notion d’animaux sentinelles, notion que les toxicologistes de l’environnement ont mis à profit depuis la plus haute Antiquité. Le chapitre 5 traite des relations psychosociales des humains avec leurs animaux de compagnie, des interactions pour lesquelles la plupart des lecteurs retrouveront des expériences qu’ils ont vécues. Le chapitre 6 couvre les problèmes liés à la pollution de l’environnement intérieur des bâtiments, aussi bien en zone urbaine que suburbaine, au manque d’exercice (à la fois pour les humains et des animaux) et aux infestations de rongeurs. Le chapitre 7 intéresse les problèmes d’allergie ; si les allergies aux animaux de compagnie sont bien connues des praticiens de la médecine humaine, on dispose de moins de données concernant les allergies des animaux de compagnie à leurs compagnons humains.

Les pièces centrales de cet ouvrage, recèlant le plus de détails biomédicaux, sont les chapitres 8 (54 pages sur les expositions aux toxiques) et chapitre 9 (195 pages sur les zoonoses, soit environ la moitié du texte).

Le chapitre 8 sur les expositions aux toxiques est celui qui intéressera le plus les médecins du travail et de l’environnement qui ne seront pas surpris par la brève allusion aux canaris utilisés autrefois, dans les mines pour repérer les risques d’asphyxie. Mise à part les classiques que sont le plomb et les pesticides, les algues toxiques et les envenimations sont traitées. Alors que la possession d’animaux venimeux devrait être réservée à un petit nombre de spécialistes avertis, le lecteur sera surpris d’apprendre que les amateurs de serpents venimeux sont nombreux et constituent un risque pour leur voisinage.

Le chapitre 9 sur les zoonoses représente environ 50% du texte. Les infections animales, transmissibles des animaux vers les humains et vice versa, sont particulièrement importantes et d’actualité pour ce qui est de l’anthrax, de la grippe et de la tuberculose. Le chapitre 10 examine les différents scénarios de syndromes infectieux par les animaux de compagnie qui rencontrent la faune sauvage, les patients (humains et animaux) immunodéprimés et les morsures d’animaux. Le chapitre 11 porte sur les maladies liées à l’alimentation en ciblant principalement les agents infectieux, avec des chapitres plus courts sur le plomb et la mélanine et paradoxalement rien sur le méthyl-mercure et les polycarbonates, alors que la consommation de poisson est une source majeure de ces polluants organiques persistants. Le chapitre 12 sur les éleveurs d’animaux est surtout centré sur les laboratoires de recherche et l’agriculture. On trouvera dans ce chapitre des recommandations pour la surveillance médicale des personnels des animaleries de laboratoires, de zoos, d’aquariums et des boutiques d’animaleries. Le chapitre 13 sur la santé publique et la médecine humaine et animale examine les recoupements des services de santé publique traditionnelle avec à la fois les maladies infectieuses humaines et animales comprenant la surveillance des zoonoses et les interactions avec les animaux au cours des catastrophes.

Enfin, le chapitre 14 constitue un chapitre court mais cohérent sur les stratégies partagées en vue d’optimiser la santé humaine et animale.

(publié le 2 mai 2011)